http://vaniastefan.blogspot.com/

J'écoute : "Masques et Bergamasques" Faurré
Je regarde : mon genou droit
Je lis : " Les funérailles de la sardine" Combescot
Je joue : à me raconter des histoires
Je mange : sans faim
Je bois : beaucoup trop
Je cite : " il tempo fugi e vola , tua giovinezza passa"
Je pense : que je devrais arreter de penser
Je rêve : je ne rêve plus
(mis à jour mercredi 17 décembre 2008 à 09:01)

11/01/2009

11/01/09 - 14:27

La nuit, le jour et les autres nuits .



Mon père s’est remarié l’année de mes seize ans , non sans avoir au préalable , en parfait homme du monde , sollicité mon consentement .
Consentement que je mis, du reste, beau temps à lui accorder tant l’irruption d’une tierce personne dans le couple fusionnel que nous formions depuis le départ de ma mère me semblait halogène, barbare, contre nature.
Nous parlâmes beaucoup, nous parlames longtemps, mon père arguant que puisqu’à présent j’avais un semblant de vie amoureuse, je pouvais admettre qu’il en ait une à son tour : que l’affection qu’il portait à cette jeune femme n’enlevait rien à celle qu’il me vouait, bref soulevant tout un tas d’arguments, forcément sensés, que j’écoutais d’une oreille distraite tout en évaluant mentalement à quel prix je pourrais raisonnablement négocier l’abandon de mon droit de véto.
Au terme de transactions que le plus pingre des usuriers eut trouvées mesquines, nous convînmes que je ferais bonne figure à ma future belle mère aux conditions expresses que l’on me laissât libre de sortir ;la nuit; quand bon me semblerait, doté, de sucroit, des subsides nécessaires à un train de vie qui me paraissait me revenir de droit divin.
Mon père est un homme délicieux, un érudit, un artiste, un rêveur et vous l’aurez compris un grand naïf. A dix ans je quintuplais le montant de mon argent de poche en le battant régulièrement au poker ; c’est vous dire à quel point il se complaisait dans un idéal étranger à toute réalité tangible. Dans le clair obscur de sa fantaisie,le monde de la nuit, auquel il me donnait plein accès, avait le velouté, la douceur, l’onctuosité d’un chocolat chaud.
Je sais à présent, la trentaine et peut être la sagesse venues ( j'entens ici les hyènes ricaner ! ), que naïf il ne l’était pas tant que cela. Simplement, il m’aimait suffisamment pour m'autoriser à commettre mes propes erreurs ; tout en sachant , quoi qu'il puisse arriver , qu'il serait toujours là pour me ratrapper au bord du précipices.
Tout cela pour vous expliquer que j’ai pris l’habitude de sortir très jeune et que, bien entendu, j’ai accumulées les conneries avec la parfaite régularité d’un métronome.
Stupide, j’aimais à me prendre pour une sorte d acteur de vaudeville dont l’emploi eut été le gandin.
Lucide néanmoins, je savais que je n'étais, en somme, qu’un rutilant piège à cons.
J'étais beau , je pense. En tous cas on me courtisais.Mais coutisé , ne l'est on pas toujours lorsqu'on a seize ans et qu'on manque de sérieux ?
Chaque soir, à l’heure ou la ville mourait, a l'heure ou la lune flambait, à l’heure ou les folles se fardaient, j’abandonnais ma défroque ordinaire pour revêtir l'habit de lumière, le costume du matador.
Les nuits Parisiennes étaient mon théâtre.


Ce théâtre, je l’investissais à la hussarde.
Je jouais large, je jouais ample, je jouais l'aisance et l audace; chaleureux, perceptif et sexy comme une pub pour des cigarettes Américaines.

« Try a different flavour »


Le contraire en somme de ce que j’étais dans la vraie vie ou l’on me regardait comme une épure , un effrayant monolithe.

J’ignorais d’ ou cela venait ni ou cela m'entrainerait, mais la plupart des gens m'estimaient incapable d'éprouver des émotions autrement qu’en une dérive immobile ; sans qu’elles ne m’affectent réellement. Sous mes néons de couleurs, en revanche, je déplaçais du vent, je semais des paillettes, je faisais du bruit et illusion, capturant mes victimes à mon grand rire avide, au feu de mes yeux lasers, qui les fusillaient à blanc, qui les fusillaient en bleu horizon.
Mon infernale exigence me commandant d'aller toujours plus loin dans la surenchère, je forçais le trait jusqu’à m’extraire de moi même.
Je me voyais alors comme si j'étais doté d un troisième œil ; plutôt je le voyais lui, « Mauvaise . Graine », qui existait de manière autonome tel un exorcisme ou une libération.
Toute mon énergie nourrissait ce monstre ,bouleversant d’ubiquité, et il m'arrivait parfois de me sentir bon pour la camisole. Mais, si les contraintes, ce bain de regards faussés, forcément faussés, dans lequel je m'ébattais soir après soir, étaient pénibles, le jeu en lui même me grisait avec la puissance d un alcool fort. J’éprouvais l'ivresse d'être exactement dans le rythme de la fête ; de faire corps avec elle, d’investir miraculeusement l’œil du cyclone, le cœur du maelstrom.
Je décrochais alors, je décollais, je voyageais long distance au sein d une dimension physique, organique, intime.
Et puis lorsque la sono se taisait, lorsqu’une à une les lampes se rallumaient, j'atterrissais toujours un peu en catastrophe, la tête tournée par mes sauts d'archange émerveillé.
On est forcement déçu lorsqu’on est exigeant. On veut donner beaucoup pour recevoir beaucoup mais on ne trouve jamais dans cet échange que ce qu’on y a mis et parfois moins, comme s’il y avait eut évaporation.
Très vite, je compris que le monde de la nuit n’était qu’une échappatoire. Je me promis de ne pas y faire de vieux os. Je passerai une saison en enfer, voire deux par gourmandise, mais la gourmandise tourna à la gloutonnerie et les mâchoires du piège se refermèrent sur moi. J’aimais bien mon personnage de « Mauvaise . Graine » et les nuits vieillissaient.
Aujourd’hui encore il m’est plus facile de me définir comme « Mauvaise . Graine » que comme Vania-Vassili-Stefan. Momifié au sein d un milieu qui, pourtant, n’est pas le mien, je n existe plus que par référence.
Le commerce du symbole marche encore très bien, sans doute l’avez vous remarqué. Il suffit de coiffer une couronne, de se fabriquer un masque plaisant, pour paraitre et tant pis si on oublie de projeter son être dans ce paraitre. On vie alors prisonnier d’une image fortement enluminée mais totalement désincarnée comme les vedettes du cinéma ou les demoiselles du rocher. On ne se reconnait plus.
Alors on tente une nouvelle sortie d autoroute et évidement on loupe l échangeur.
Voilà , il s'agit du dernier article posté par " Mauvaise . Graine " sur G.A . Cependant les courageux , les inconscients , les personnes de gout ^pourront retrouver une version plus complète , plus colorée , plus animée de ce blog à l'adresse suivante http://vaniastefan.blogspot.com/

Je vous embrasse . A bientôt . V.V.S.M

10/01/2009

10/01/09 - 10:45

Dernier été à Tanger.






Chris encore, Chris toujours !
Si vous en avez assez de mes Chris par ci, Chris par là, vous pouvez bien me le dire, les commentaires servent à ça. Mais si je ne vous parle pas de Chris je vous parlerais d’autres garçons fondus dans le même creuset, alors autant vous entretenir de celui du moment.
« Le garçon du moment » : Dieu que cette expression semble cynique.
« Le garçon du moment » comme le dernier gadget de « Pif » ou le parfum du mois.
La tendance actuelle, celle dont on sait bien qu’elle passera plus vite que le café, qu’elle sera remplacée par une autre, pas forcément plus agréable, pas forcément différente même, mais subtilement autre, suffisamment inhabituelle en tous cas pour qu’on lui trouve la fraicheur verte et moussue des sources vierges.
Mes amants avaient tous les yeux obliques des poissons-chats, parfois le même prénom, du gout pour une certaine barbarie à face d’archange, des rébellions de poulains débâtés ; seul changeait le regard que chacun d’eux portait sur moi et qui me faisait me sentir dissonant, discordant, mais neuf et comme rajeuni.

Du reste, je ne songe jamais lorsque je rencontre un homme : « Celui là sera mon dernier amour, mon dernier rêve sera pour lui ». Je trouve un peu sinistre de s’entendre dire « Je veux vieillir avec toi » même si l’idée de vieillir ensemble, à deux, cote à cote me parait belle en soi. A la limite je préfère la brutale franchise d’un « Nous ne vieillirons pas ensemble ! ». J’ai besoin de garder l’impression que ce qui existe aujourd’hui n’existera peut être plus demain. Cela me permet de rester ouvert, d’échapper à la pause, aux grandes attitudes mélodramatiques. En revanche il m’est arrivé d’aimer à nouveau un homme que j’avais aimé par le passé. J’ai besoin de penser qu’il reste toujours quelque chose d’un amour, en latence, en attente : une empreinte, une blessure, une braise.

J’ai du désir pour Chris, parce qu'il est jeune, beau et intelligent. Cependant, très vite, je me suis rendu compte que cela ne me suffisait pas. En fait Chris ressemble au garçon opaque et lumineux que j’étais à son âge. Dire que je me retrouve à travers lui me semble toutefois un peu exagéré. C’est d’avantage un parfum que je retrouve au travers de ses immenses ambitions, son appétit de conquêtes, sa détermination à avancer quoi qu’il lui en coute ;le parfum doux amer de mes rêves avortés.

Jamais je ne lui avouerais qu’il ne peut me faire souffrir. Un homme qui ne peut pas vous faire souffrir, c'est un homme qu'on peut aimer mais avec une certaine limite, qui n'a pas d'emprise sentimentale sur vous.

Alors, est ce là la pierre de touche d’un amour ?
Je n'en sais rien !

D’un autre coté la souffrance lorsqu’elle vous vient d’un homme aimé est une souffrance très particulière.
« Souffrir par toi n'est pas souffrir" chantait Julien, voilà longtemps.
Pour mesurer le degré de mon sentiment envers Chris , je suis bien obligé de reconnaître que je ne peux souffrir par lui, donc, par extension , que mon amour est limité.
Nous nous sommes rencontrés cet été en Sardaigne.
Chris guidait un groupe de touristes Grands Bretons à la découverte du bassin Méditerranéen ; je profitais de quelques jours de vacances dans la jolie maison blanche et bleue du dernier mari de ma mère.
Il n’y eut ni feu d’artifice, ni lâché de ballons, pas même un frisson d’aile dans un ciel dévoré de soleil. Juste une évidence, une simple et banale évidence.
L’évidence que nous nous complétions parfaitement, que « nous allions bien ensembles » ; l’évidence que nous irions encore mieux ensembles une fois nus.
Nous avons ri, nous avons bu, nous avons dansé, nous avons fait l’amour à nous en écorcher la peau puis Chris est parti pour Syracuse.
On s’est dit ciao, c’était sympa et on s’appelle, promis !
Personne n’y croyait réellement tant les amours de vacances ressemblent à des parenthèses enchantées que l’on referme en même temps que nos valises.

Puis contre toute attente Chris a appelé.
Je négociais un contrat à Tanger, lui par un de ces hasards bêtes de la vie se trouvait à Rome.
Il a dit : « -Ce n’est pas grave, je termine mon tour demain et rien ne m’oblige à rentrer de suite à Paris. Attend moi.
J’ai dit : « Je t’attend. »

On m’avait conseillé ,dans Tanger,de passer par le très pittoresque Café Marhaba al Hafa.De sa terrase en degrés, creusée à flanc de falaise,ou les chats paressaient parmi les fleurs sauvages,on appercevait la côte Espagnole. Naguère, le "Hafa" , dont la particularité est de ne pas servir de Café mais uniquement du thé Marocain, accueillait aussi bien les Beatles ou les Rolling stones que Paul Bowles et Jack Kerouac. Aujourd’hui si l’on peut toujours se régaler d’un délicieux thé à la menthe sur ses tables dépareillées, on y vient surtout pour s’y procurer le meilleur cannabis de toute la côte.
Chris et moi avons fait emplettes de quelques boulettes puis nous sommes remontés fumer tranquillement au bord du précipice.
Chris a dit qu’il n’y avait rien devant nous, sinon le vide et la falaise.
J’ai répliqué qu’au contraire, il y avait la mer, plus loin l’Espagne et encore plus loin l’Europe toute entière.
Chris a secoué la tête tout en tirant sur son joint.
« -Tu te trompes, il n’y a que le vide et l’attrait du vide. L’envie de se pencher jusqu'à ce que l’idée de tomber fasse mal.
J’ai passé un bras affectueux autour de son cou, attiré sa tête brune vers mon épaule.
« -Et toi, qu’est ce qui te rattrapes dans ces moments là ? Ais je demandé d’une voix légerement embrumée par le shit.
Chris s’est dégagé un peu brusquement de mon étreinte protectrice.
« -La même chose que toi Vania. Le fait de vouloir à nouveau ce vertige. » A-t-il répondu en me regardant bien en face.
J’ai su alors, qu’en dépit de son jeune âge et de son inexpérience, celui là me devinais mieux qu’aucun de ses prédécesseurs n’avaient su le faire.
Ce soir là, au bord de la falaise Hafa, moi qui n’ai connu d’autre vertige que celui des hommes et de la nuit, je me suis vu tomber comme en un tourbillon dans les yeux dorés du garçon qu’aujourd’hui encore je redoute d’aimer si peu , d'aimer si mal.


09/01/2009

09/01/09 - 09:44

Oral sex et petites contrariétés.



Le billet que je consacrais hier à la découverte par le jeune Arthur des subtilités byzantines du sérail gay, m’a rappelé une péripétie un brin salingue advenue du temps de ma vrombissante jeunesse et que je m’en vais vous bonnir dans l’espoir, sans doute illusoire, de vous faire marrer.
Cauchon qui s’en dédie, comme l'affirmait l’évêque qui cherchait des crosses à la Pucelle.
J’étais en cette époque bénie , étudiant à Nanterre (comprenez par là inscrit à l'Université , car sans boussole ou cardan j'eus été bien en peine d'en indiquer les bâtiments, tant je m'y montrais assidu.).
Ivre d’indépendance et friand de minets libidineux, j’avais quitté le domicile paternel pour m’établir dans un appartement de la rue d’Aboukir dont le loyer m'eut couté la peau du derche si j'avais dut le payer de mes deniers.
Mon papa adoré, bien évidement, assurait plus que généreusement ma subsistance, cependant, m’aurait il refilé les milliers de millions de milliasses de talbins que sa jeune et ravissante épouse claquait chez les couturiers que je n’en aurais encore pas eut assez.
Je vivais, il faut bien le reconnaître, de nuits champagne en après midi shopping, un chouia au dessus de mes moyens et carrément à chrome s’il fallait en croire les somations de mon banquier lequel, en d’autres temps et sans remords, eut volontiers envoyé ma tête à vent valdinguer au massicot.

De sottises en incohérences je me retrouvais très rapidement dans une situation financière à peine moins dramatique que le final Moldave d’une saison de « Dynastie ».

(NDA : l’ensemble du casting sulfaté à l’Avtomat Kalachnikova modèle 1947, plus communément appelée AK-47 ou Kala pour les intimes, durant les épousailles d’Amanda Carrington, la fille cachée de Blake et Alexi, avec un prince d’opérette. Bilan de la tragédie : deux figurants virés.)


Quatre solutions s’offraient alors à moi pour sortir de la mouise :

- 1) Renoncer à sortir tous les soirs ce qui était impensable ; autant prendre, la bure, le cilice et enterrer vivants mes vingt carats dans quelque Abbaye cistercienne perdue aux fins fonds de l’Auvergne.

- 2) Continuer à sortir tous les soirs mais attifé pire qu’une mendiante Péruvienne après un séisme de magnitude neuf sur l’échelle de Richter, or si le vêtement que je porte avec le plus de chic et de désinvolture reste encore une paire de bras d’hommes, les linges griffés ne me siéent pas mal non plus pour l’immense malheur de mon portefeuille et l’ineffable rayonnement de mon égo.

- 3) Me prostituer ; j’avoue y avoir sérieusement songé et n’eut été mon dégout pour la chair flapie des michetons dont j’acceptais déjà assez mal qu’ils me prissent la main après avoir fait péter la roteuse , peut être aurais je connu une carrière honorable dans la galanterie.

- 4) Me dégauchir fissa un colocataire potable, entendez par là solvable, propre sur lui, point trop brise burettes, évidement pédésexuel et suffisamment moche pour que je m’abstienne de lui sauter dessus les soirs de grande désespérance.

David eut parfaitement convenu (hormis pour le coté moche, Dave mon amour ne me fais pas dire ce que je n’ais pas dit) si ce lacheur ne s’en était allé tâter de la miche Yankee sur le campus d’une Université Californienne ou il se formait aux métiers du cinéma.
Confronté à l’embarras du mauvais choix je me décidais finalement en faveur du pire.
Gianni le Baltringue, dit « Mistinguett », dit « La Miss », vendeur en prêt a porter la semaine, gambilleuse le week end dans un bouge à travelo bien connu ou il/elle s’illustrait dans un Cancan frénétique laissant à penser qu’il/elle ne possédait pas de colonne vertébrale, et pire colporteuse de ragots, de fables, de contes que notre Sainte Gallia du Charlat.
Pas mauvaise carne au demeurant.
Rusée, matoise, plutôt finaude en dépit d’une inculture qui lui faisait prendre Sean Penn pour la capitale du Cambodge et le groupe « Boney M » pour une taille de soutiens gorges, d’une honnêteté toute relative, bien qu'étonnamment franche et fidèle dans ses amitiés.
Notre cohabitation se passa pour le mieux jusqu’à ce que « La Miss » s’entiche d’un asticot de banlieue quasi pré -pubère, mince comme un soupir cependant doté selon la rumeur d’un engin de torture digne de l’inquisition Espingouine, engin dont il se servait, toujours selon la rumeur, sans la moindre imagination mais avec une endurance remarquable.
Bref une peine à jouir, monté comme le bourricot de Buridan, sans gène ni éducation et stupide au point que si l’on avait du sonner les cloches à chaque fois qu’il disait une connerie, plus personne ne se serait entendu penser.
A part ça un bien charmant garçon que ce José, tant et tellement serviable que je le trouvais un matin ou une après midi, je ne sais plus, en tous cas à mon réveil posé sur la courtepointe de mon lit avec la grâce bovine d’un crapaud buffle sur une feuille de nénuphar.

Alerté par cette présence inhabituelle je soulevais un vasistas de plomb sur un œil aux allures d’huitre avariée. Bien que l’esprit me manquât encore, je notais la présence d’un soleil vert et acide aux fenêtres de ma chambre, la frime enfarinée de l’autre crève-la-dalle, le tressaillement maladif de ses doigts aux ongles rongés et me payais le tracsir de ma vie en imaginant la gouape venue me suriner ou pire caser son démonte pneus dans les profondeurs de mon haillon , quoi qu'il en soit bien trop étroit pour contenire la chose.
« -Qu’est ce que tu branles ici, connard ! Beuglais-je d’une voix qui ne devait ses inflexions males qu’à mes abus d’alcool et de tabac. Tu ne sais pas que ma chambre est out of limits, forbiden, verboten, vietata, proibita ; IN-TER-DITE ! D’abord qu’elle heure il est ?
José s’agitait comme s’il avait besoin de se secouer le mérinos.
La mine chiffon, il chignait des châssis, respirait bruyamment du tarbouif, se mordait les limaces, transpirait aussi un peu des aisselles à en croire l’exquis fumet de gigot à l’ail qui peu à peu se répandait dans la pièce.
« -s’cuse de te réveiller, finit il par lâcher, mais y a urgence !
Avec une plainte pitoyable de bébé phoque à l'agonie je me réfugiais sous mes couvertures.
Je connaissais le modèle par cœur. Le golio s’était, une fois de plus, engrainé avec la Miss et comptait sur moi pour arbitrer, une fois de trop,leur eternel match de catch.
Rassuré de ne pas s’être ramassée une giroflée, le lascar, à présent s’autorisait toutes les hardiesses.
« - Allez, feignasse, bouge-toi ! Y a péril en la demeure je t’ais dit !
« - Tu permets tout de même que je boive un caoua ?

Péniblement je trainais ma carcasse avinée jusqu’ à la cuisine, enclenchais la machine à expresso.
Le café coula, crémeux, onctueux, odorant.
Me revinrent des images d Afrique, celles de grandes Ivoiriennes aux visages impassibles assises très droites à l’entrée de leurs cases, occupées à griller les gros grains craquants du café-vert sur des braseros ou brulaient d épaisses feuilles de Bananier.
Dans mon dos le ramier trépignait d’impatience.
Dix huit ans aux quetsches, petit animal immature et amoral que la Miss avait ramassé dans un bar à vioques ou il allait aux asperges pour le prix d’un jambon-beurre, il m’eut attendrit si j’avais possédé ne serait ce que le quart de la moitié d’un cœur.
« - Quel est le problème ? Ta vieille n’a pas voulu brosser ? Demandais-je, histoire d’en finir le plus rapidement possible.
« - bé, elle peut pas trop la pauvre ! Elle a , comme qui dirait, le fignédé en chou fleur en ce moment ! Non, y a pire !
Encore chargé d’avoir un peu trop fait la fête aux chapelles, j’avais beau creuser le vide abyssal qui me tenait lieu de cervelle, je ne voyais pas très bien ce qu’il pouvait arriver de pire à l’autre tarderie que de perdre, même momentanément, l’usage de son trou d’amour.
« - Tu me promets que tout ça restera entre nous ? S’inquiétait le Jocrisse.
Je posais une main virginale sur mon cœur d artichaut.
« -Juré, craché, ça ne sortira pas d’Ile de France.
Queue-d-âne prit une grande inspiration, puis, a toute hâte, comme on se lave d une souillure il m’avoua l’invraissemblable vérité.
« - La Miss ne sait pas sucer.
A ce point du récit je me dois de vous préciser que si Gianni avait hérité du surnom de « Mistinguett », ce n’était pas tant en raison de son habileté à la gambille, ni à cause de la beauté de ses échasses, mais parce qu’il se trimballait en guise de dentition un clavier à dominos sur lequel on aurait put jouer du Chopin avec des gants de boxe sans risquer d’altérer la pureté de la mélodie.
Comment voulez vous que doté d’un tel appareil à désosser les côtelettes l’infortuné puisse tailler une pipe convenable ?

J’avalais une gorgée de café. Je souris les yeux dans le vague. Je songeais que décidément, ces rideaux vert bouteille, aux embrases des fenêtres n’allaient guère avec le papier peint des murs ; que je serais forcément à la bourre à tous mes rembours ; que le Château Lafiotte que j'aivais décidé de servir au diner en accompagnement d'une tourte forestière n’était peut être pas le vin le plus approprié pour relever la saveur boisée des champignons ; que je m’en allais sur le champs occire ce petit con de José avec des raffinements de barbarie dignes d’un empereur Mongol .
Calmement et sans cesser de sourire, je rangeais une mèche de cheveux derrière mon oreille (oui, à l’époque j’avais encore des crins !), chopais un paquet de Dunhill sur une étagère, y cueillis une cigarette que je n’allumais pas immédiatement.
« -Et en quoi l’absence de prouesses buccales de ta morue me concernent elle ?
L’allumette craqua dans un silence assourdissant.
Face à mon apparente impassibilité, José s’enhardit un peu plus.
« - Tu pourrais, comme qui dirait, genre, lui donner des leçons particulières. Ce serait pas du luxe, crois moi. Faut voir comment elle s y prend, la pauvre. Elle mastègue, elle mordille, elle tousse, elle crache, elle bave et moi forcement je débande.
« - Et sur quel " instrument " suis je censé faire ma démonstration ? Une banane ? Un concombre ? Un vieux gode des familles ? Ton chibre de concours ?
Ma voix était à présent aussi claire et tranchante que le fil d’un sabre Musashi.
« -Ben, non, t’es conne, rigola l’arsouille, j’ai pensé, comme qui dirait, que, peut être, tu pourrais lui montrer sur un de tes mecs.
J’exhalais un nuage de tabac blond semblable à une bouffée de soulagement. Ainsi donc l’ignoble ne cherchait pas à m’escroquer d’une turlute gratos au saut du paddock !
« - Quelle bonne idée ! Chéri, tu ne veux pas abandonner ton livre le temps que je te taille une petite pipe ? Au fait mon amour, ça ne t ennuie pas que la Miss regarde et prenne des notes ? Ou mieux; on lui fait une cassette vidéo ; comme ça elle pourra réviser, le soir à la veillée.
Le charlot à sa mémère afficha une lippe penaude.
« -Tu n es pas d accord, c est ça ?
« - Tu as tout compris morveux ! Comme qui dirait, je ne suis pas d accord ! Je ne comprends même pas que tu ais l’audace de me demander une chose pareille !
Le ton enflait dangereusement. Le gnome était à deux doigts de se ramasser la mandale qu’il méritait.
« - Ben,comme tout le monde prétend que tu touches drôlement la bille en la matière ;alors je me suis dit, comme qui dirait .....
Et Allez , en avant la musique! Une étiquette de plus sur les bagages de « Mauvaise . Graine » ,l’Einstein de la clarinette baveuse ,l’Isabelle Adjani des amabilités fellatrices ,La Madonna du pompe-dard ,le Mozart de la flute à bec, celui qui a six ans déjà composait d’une langue mutine d’étincelantes variations sur les pipeaux dressés de ses petits camarades.Un prodige en somme !
« -Décarre, José, fissa ,si tu ne veux pas te damer un coup de boule ! !
« -Allez, le prend pas mal. Entre copines, on peut se rendre service.
Ma tasse à café manqua sa belle tète d imbécile de quelques millimètres.
J’ignore s’ils ont résolu leur problème de turlute avec l’aide de sainte Rita ou celle du rebouteux du coin, mais ils sont,à l'heure actuelle,toujours ensembles.
La Miss a probablement appris à sucer

En Bonus le final Moldave de "Dynastie"

08/01/2009

08/01/09 - 09:21

Une nounou d'Enfer.



Arthur, je l’ai vu naitre.
Enfin, pas tout à fait ! Vous imaginez bien que je n’étais pas présent lorsque Madame sa mère a démoulé le gluant !
Nous dirons plus justement que je l’ai vu grandir !
Arthur est le neveu par alliance de ma tante Liouba.
Un vague cousin en quelque sorte !
Douze années nous séparent.Ceci explique que nous n’ayons jamais noué de liens plus consistants que ceux qu'impose le partage de reunions familiales, comme mon étonnement, lorsqu’il m’appela, Lundi, pour me convier à déjeuner en sa compagnie.

D’excellent lignage, bien élevé, bien peigné , propre sur lui , promis à un brillant avenir avant même de savoir ânonner la table de deux , suffisamment friqué pour susciter la convoitise nimbée d’« Heure Bleue » de ces douairières maléfiques aux perles discrètes , aux chignons soignés , aussi habiles à ferrer le « beau parti » que le brochet dans les lacs d’Irlande ; Arthur , vous l’aurez compris , est la parfaite incarnation de la France d'en haut ,celle qui de collèges Suisses en High Schools anglaises,se prépare à etonner Wall street ou Kabutochō .

En somme une parfaite tête à claques.

Arthur cependant n’est pas idiot.
Perturbé comme tout un chacun, mais pas idiot.


Dès l’enfance, son statut d’unique héritier, lui a enseigné à se garder d’un microcosme médisant et fourbe au sein duquel l’intérêt porte le masque de l’intimité;l’intolérance celui de la vertu.
Cependant, parce qu’il n’en maîtrise pas toutes les subtilités ;et même s’il se refuse encore à en cautionner les bassesses ; Arthur s'ingénie avec une maladresse, parfois touchante, à jouer un jeu de dupes dont il espère qu’il le rendra populaire.
Ainsi se montre-t-il fort prodigue d’un argent dont l’abondance l’embarrasse.
Ainsi organise t’il, plus souvent que nécessaire, des noubas rugissantes que plébiscite une jeunesse candidement décadente, avide de musique « hot » et de champagne glacé.
Ainsi dissimule-t-il son manque d’assurance sous l’apparat d’un glamour branchouille qui,du chatain nuancé de ses cheveux au chic implacable de ses vêtements en passant par la verdeur naïvement canaille d’un vocabulaire férocement convenu, signent une estampe faussement délurée. Son jeune corps développé par la pratique du tennis et de l’aviron, l’éclat gourmand de son teint caramel , le regard ivre et papillonnant de ses yeux pervenches achèvent d’entretenir l’imposture ; puisqu’à cent lieues de son personnage de dandy indolent, Arthur est un jeune homme mélancolique, parfaitement pragmatique et totalement indifférent à la parodie fatiguée des mondanités.
Prisonnier de son éducation et de sa caste il se contente de rêver à une existence ordinaire et studieuse, peuplée de livres et de chevalets, de roses trémières, et de grands chiens efflanqués sans songer une seule seconde à secouer le carcan qui l’enferre.
Bref, Arthur est malheureux !
Et un petit peu pédé aussi sur les bords.
Mais ça, il ne s’en doutait pas –ou du moins feignait il de l’ignorer –jusqu'à ce que mon David ne s’en mêle.
David, peut être vous en souvenez vous, me tient lieu de jumeau noir, d’éminence grise et par la force des choses de colocataire.
David est beau à peindre, fou à enfermer, obsédé à en suivre sa bite partout ou elle le mène fut ce dans des extravagances sexuelles strictement interdites aux plus de dix huit ans, David subitement entiché d’Arthur ou plutôt brulant de concupiscence à l’idée de s’offrir, en guise d’étrennes, le précieux Graal du Roi Arthur, David injustement évité par l’élite Monégasque organisant par mesquine vengeance un réveillon en forme de mascarade Vénitienne dans mon – notre- appartement, bamboche travestie à laquelle il convia , comme il se doit , le ban et l’arrière ban de tout ce que Paris compte de putes , demi putes, quart de putes , barbillons et autres séraphins aux ailes cramées , plus la proie aussi innocente que l’agneau à naitre qu’il entendait par la grâce de ses incantations converses et la vigueur de son bras séculier changer en brebis galeuse.
David enfin qui se garda prudemment, et pour cause, de me toucher mot de ses exploits.

Bien qu’Arthur se soit vu tenté de gouter aux joies de l’uranisme, il n’avait, en revanche, pas prévu que cette éventualité se concrétiserait si tôt dans le long cours flottant de ses jours ni qu’elle serait le fruit de circonstances tellement grotesques qu’elles en deviendraient singulières.
Il avait suffit de quelques minutes ivres de rires et de bulles pour qu’il bascule, peu avant l’aube, sous l’étreinte d’un vaillant soudard aux pupilles curieusement dilatées. Ni viol ni don de sois, cette union désastreuse n’était qu’un faux pas éméché dont Arthur s’était relevé le premier;chancelant et vaguement écœuré tandis que son suborneur sombrait dans un sommeil béat.
A gestes lents il avait ramassé ses vêtements épars.
Des salons qu’éclairaient des guirlandes clignotantes lui parvenaient le chahut d’un quadrille.
Arthur s'était enfui sous une pluie de serpentins obscènes comme des langues tandis que les masques railleurs tentaient de l’entraîner dans leur sarabande.
Une fois chez lui, il avait transformé sa honte en un feu d artifice de rires imbéciles avant de chuter dans la nuit obtuse des ivrognes.
Au réveil,il n était plus tout à fait certain de la réalité de la scène et sans une petite douleur lancinante ou vous savez, il eut put croire à un mauvais rêve.
Du reste, comment aurait il imaginé que sa « première fois » puisse se passer sans qu’il ait conscience d’autre chose que de l’éboulement de cheveux bruns répandus sur son dos et d’une odeur fade de champagne éventé ?
En réalité, jamais, il n’avait osé se représenter cette mythique première fois et si d’aventure, pour les besoins de quelque jeu stupide, on lui avait imposé de le faire ,il n’en aurait certainement pas attribué le rôle principal à ce garçon là.
Parce que David était spectaculairement beau, et que l’excès de beauté ne semblait pas à Arthur une qualité nécessaire à un homme.
Parce qu’il était plus changeant qu’un mois de Mars ,solaire et exubérant un instant ,sombre et coléreux le suivant sans la moindre motivation.
Parce que ses manières d’adolescent attardé le lui rendaient pathétique.
Parce que son impulsion morbide à l’autodestruction lui inspirait une peur sournoise.
Vivement, Arthur avait rassemblé ses esprits, bu un pot de café afin de dissiper sa gueule de bois, puis convenu qu’il serait stupide d’accorder à cet accident idiot plus d’importance qu’il n’en méritait et qu’il valait mieux penser à autre chose.
Le fautif- mais au fond Arthur l’était tout autant- qu’il croisa le surlendemain dans une librairie ou chacun avait ses habitudes ,semblait, quant à lui, n’avoir gardé aucun souvenir de ce qu’on qualifiera cyniquement d’« intermède Vénitien ».
Comme à l accoutumée,David s’était montré primesautier, affable et taquin .Il avait invité Arthur à déguster une Charlotte à la vanille dans une pâtisserie voisine, l’avait saoulé de plaisanteries et de potins avant de la planter à un angle de trottoir pour courir vers un rendez vous oublié.
Partagé entre le soulagement et le dépit, Arthur s’était donc confié, dans le plus ingénu des abandons, à l’unique personne parfaitement capable –ou parfaitement incapable- de répondre aux questions qui le torturaient, la seule véritable légende urbaine de la famille et de ses dérivés,cette vieille garce de « Mauvaise . Graine », laquelle plus fausse qu’un Ducat de plomb lui avait coulé un long regard suspicieux digne à lui seul d’une demi douzaine d’Oscars.
« -David a couché avec toi ? M’exclamais-je, comme si l’événement me paraissait à peine moins vraisemblable qu’un débarquement d’indiens Cherokees Avenue Montaigne.
Entre compatir aux déboires du bambin et sauver les fesses de David au prix de menteries qui eussent fait virer la fée bleue au violacé, j’hésitais à peine.
Arthur, occupé à baratter d’une cuiller nerveuse un malheureux Tiramisu à la fraise, se renfrogna aussitôt.
« -Pourquoi non ? Est-ce que je ne suis pas mignon ? N’aime t'il pas les garçons ?
« -Il en joui, cela ne signifie qu’il les aime. Mais pour en venir à ton cas précis ; je ne me figurais pas que tu sois son type.
« -Ah, parce qu’il a un type !
« -Les inconnus, mon joli! Mon faux frère ne baise que des inconnus. Des mecs sans passé ; des mecs sans avenir. Des mecs auxquels rien ne le l'attache.

Au ras de sa frange blonde, les yeux d’Arthur prirent un éclat de pierre dure.
« -Si je te comprends bien, ce salaud m'a oublié pour pouvoir me sauter, puis dans la foulée, il a également oublié de se rappeler qu’il m'avait oublié.Cela ne m'étonne pas qu’il agisse désormais comme si rien ne s'était passé.
Je haussais les épaules avec résignation.
« - Sans doute ne s’en souvient-il plus réellement. Mais à la fin ,tu t’attendais à quoi Monsieur l’idéaliste ? A ce qu’il te demande en mariage ? Tu sais bien qu’il avait beaucoup bu, ce soir là. Et un peu tapé, aussi.
"-Tapé ? Tapé qui ?
« -Pas tapé qui, gourde, tapé quoi !De la coke, tiens !
« -David prend de la cocaïne ?
« -Tout le monde prend de la cocaïne. Mais dis moi, c’était bien au moins ?


Même s’il l’avait voulu, Arthur eut été bien incapable de répondre à cette question malséante ; d’une part parce qu’il manquait cruellement de références en la matière ; d’autre part parce qu'évoquer ce qui touchait à la sexualité, et au corps plus généralement, lui était encore pénible.
Quoi qu’il en soit il se trouvait déberlingué par un goujat, camé jusqu’aux sourcils, lequel ne se souvenait même pas d’avoir envahi son fondement avec la même précipitation qu’Hitler la Pologne.
La situation prêtait à rire et Arthur était bien trop honnête avec lui-même pour l’affubler du costume vertueux de la tragédie.
Tandis que je réchauffais entre mes paumes un ballon de Cognac,je résumais le débat à la seule question qui me parut essentielle.
« -Au juste, qu’est ce qui t’ennuis à ce point? Que David t’ai baisé,et entre nous tu aurais put tomber plus mal,ou bien d’être confronté de manière radicale et sans échappatoire possible à tes propres désirs ?
Ni l'un ni l'autre , mon Capitaine !
Il savait bien, le petiot, depuis toujours, disait il, enfin plutôt depuis l’éveil sensoriel de son zguègue, que ce n’était pas aux filles que ledit zguègue devait de bomber , mais de là à se faire calcer à la vandale comme la dernière des houris d’un bastion tombé un putain de soir de l’an ,dans des draps douteux, sans même un mot gentil, un bisou, au pire une tape amicale sur les fesses,lui faisait quand même douter des bonnes manières de la gente pédoque comme de sa volonté d’adhérer à ce club de troglodytes!
Il ressortait de ses digressions infantiles que le roi Arthur ne voyait pas d’objection à donner son cul pourvu qu’on le lui demandât poliment et qu’on n’oubliât pas de l’en remercier de quelques roses corail ou d’un poulet joliment tourné.
Bien que l’envie me pris de me frapper violement le front contre le bois de la table, je lui expliquais, gentiment que le sexe en nos vertes contrées nécessitait généralement l'usage de trois mots ,bonjour, aïe, au revoir,le aïe devenant de plus en plus dispensable l’expérience venue ;je proposais également de le cornaquer dans le milieu si toutefois il désirait encore découvrir ce monde interlope,je m’engageais à le protéger,à le conseiller, bref à jouer les bonnes fées marraines d’une Cendrillon plus princesse que souillon,même si je savais pertinemment que l’on m’imputerait de bon cœur les conséquences de cette embrouille à l’eau de vaisselle.
Nous nous quittâmes, Arthur la fleur aux lèvres, « Mauvaise . Graine » le cœur au bord des siennes, sur la promesse d’une petite virée en boite ce week -end.
David quant à lui ne perdait rien pour attendre même si au regard des folies qu’il m’a entrainé à commettre, jouer les nounous d’enfer, à mon âge, dans mon état et à l’heure qu’il est,a des allures d'aimable bluette.
Pour le moment le plus urgent me parait de convaincre mes adorables petits cousins de porter des slips en acier trempé bouclés par des cadenas de haute sécurité non crochetables.
Avec David dans les parages, la prudence s’impose.

07/01/2009

07/01/09 - 10:36

Conversation avec ma bignole.



Meilleurs vœux, Madame Solange ! Tiens, pour l’occasion je vous tape la bise !
Vous êtes piquante Madame Solange, une vraie brune !
Ouiiii, j’étais à Monte Carloooo pour les fêtes. Chez des amis, ouiiii!Proches des Grimaldi, ouiiiii.
Non, je n’ai pas vu Steph. Je suppose qu’elle barbotait à la Barbade.
Vous aussi vous la trouvez vieillie Stéphanie ? Rancie même !
La principauté ? Très, très surfait ! De vous à moi rien ne vaudra jamais Deauville ; on y est si près de Paris et si loin de la mer.

Ah bon, nous avons de nouveaux locataires ? Mais dites moi tout Madame Solange! Des gens comme il faut j’espère !
Un couple de quoi ? Ne chuchotez pas Madame Solange, personne ne nous écoute plus depuis la mort de Mitterrand !
Un couple de garçons ? Allez , vilaine , vous me faites marcher !
NOOOOOOON !!!!!!!
Alors là ça me troue le ....j'en reste sans voix !
Et oui Madame Solange, ça existe ! La nature a parfois de ces drôleries, c’est à ne pas y croire !
Enfin moi je dis ça, je ne dis rien !Je suis comme tout le monde,des hum-hum ,comme ils disent,j’en ai vu qu'à la télé ; chez Fogiel !
Non Madame Solange, je ne pense pas qu’ils se reproduisent!
Il parait que ça y travaille pourtant. Souvent.....pour ne pas dire constamment !
Oui, voilà, Madame Solange, comme les chimpanzés !
C’est vicelard ces bestioles, ça vous chope la trique pour pas grand-chose vous savez !
Une mine avenante, des joues pommes d’api,une lèvre supérieure un peu courte sur des dents au bonheur–la-chance, un air de santé sur un visage de vacances, un tatouage Maori qui palpite et qui pulse,là, tout contre la carotide , ainsi qu’une petite bête.
Ouiii,c'est ravissant , ouiiii! Parfois je m'exprime comme un livre d'images,ouiii!
Et toutes sortes de culs, n’oublions pas le principal.
Des ronds, des pommelés, des qui rient de toutes leurs fossettes, des agressifs, des prétentieux, des capiteux, des moelleux, des à faire de l’or , d’autres à tout perdre , même la tête qu’ils n’ont déjà pas bien solide , des qui se barrent en sucette, des qui reviennent de loin, des qui appellent le peuple , des qui sonnent des hallalis la nuit au fond des taillis . Des lunes boréales, des oignons à pleurer de gratitude, des arrière trains à prendre en marche et sans ticket retour, des troufignons tout mignons, des verres de montres qui vous filent la tocante sans même vous donner l’heure, des dargeots lisses et ronds comme des dragées de communions, des derches souvent faux mais chez les singes , Madame Solange , on baise aussi les moches , ils ont la vue si basse et souvent des préférences pour tout le monde .

Pardon , je rêvassais !

Non, Madame Solange, moi non plus je n’ai rien contre mais comme vous le faite remarquer si finement c’est un peu à cause d'attitudes pareilles que l’univers tourne à l'envers !
Notez que nous vivons une époque formidable ! Il faut tolérer, admettre, absoudre tout et n'importe quoi. Il faut abolir les différences, uniformiser la pensée, brasser les tendances. Il faut aimer et défendre les minorités quelles qu'elles soient sous peine de passer pour le monstre de l’apocalypse !
Mais non Madame Solange, suivez un peu,l’apocalypse, la fin du monde, pas la boite de nuit !
Vous êtes conne des fois, sauf votre respect!
Vous dites ?
Tissage et métissage, c'est ça le nouvel ordre moral et social ? Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ; tout le monde il est normal ; tout le monde il se mélange !
Tous frangins ! Même les pédés !
Voyons Madame Solange, on ne dit pas pédé !Ce n’est pas joli, pas poli !
Un peu comme vous, quoi !
Bien sur que je plaisante, vous êtes exquise Madame Solange ! Un véritable Tanagra !
TA-NA-GRA, pas tas de gras!Vous êtes bouchée à l’émeri ce matin !
C’est quoi un Tanagra ? L’ancêtre du Viagra, je vous le jure sur la tête de ma garce de mère ! Inventé par les grecs selon wikipedia.
Les grecs qui ont également inventé l’homosexualité, vous avez raison, je n’y aurais pas pensé tout seul !
Saloperies d’Hellènes !
Segara ? Qu’est ce qu’elle vient faire là Notre Dame des sept douleurs ?
Mais ôtez-moi d’un doute chère amie ; elles sont Françaises au moins les deux gazelles? Manquerait plus qu’on nous refile du métèque pour faire bonne mesure !
Enfin, moi je dis ça, je dis rien mais avouez que c’est une affaire à se fendre d’une petite bafouille amicale à la Kommandantur !Oui,voilà ,façon corbaque !
Vous avez bien raison, Madame Solange ; il faut réinstaurer l’inquiétude ! La trouille même,une bonne vieille pétoche, la nostalgie du bruit des bottes !

Enfin, s’ils sont jolis à regarder ce sera déjà ça de pris ! Pas que ça m’intéresse, notez, mais j’ai entendu dire que, généralement, ces gens là ont beaucoup de gout, qu’ils prennent grand soin de leur personne !

Exactement comme des filles, vous parlez d’or Madame Solange !

Du reste, vous ne trouvez pas que les filles ça fait un peu pédé ?

Elles sont jolies les filles, elles sentent la vanille, la fleur d aubépines, la coco. Elles portent des jeans taille basse,des perles colorées au nombril. Elles ne sortent jamais sans sac à main.
Elles rient haut et clair en secouant leurs cheveux .Elles pleurent beaucoup, par gourmandise.
Elles se baladent en bande, en clan, en horde. Elles achètent des trucs qui ne servent à rien mais qu’elles trouvent " So cute ". Elles boivent, à la paille, des cocktails pastel dans de grands verres givrés.
Elles promettent qu’elles apprendront à cuisiner un jour ou l’autre; mais plutôt l’ autre.
Elles sont folles d’Orlando Bloom,Jude Law ,Brad Pitt, Nicolas Duvaucheeeeeelllllllle.
Elles aiment les potins, les peoples, dire du mal des copines et mater le cul des mecs dans la rue. Elles jurent qu’elles ne couchent jamais le premier soir.Elles font des drames pour des bagatelles,genre :

"-c'est affreux Jessica,j'ai pris 30 grammes à Noël!.Tout dans les miches !J'ai le derrière comme une malle Arabe! Promis je mange plus jusqu'à Paques .
En plus Kevin m'a demandé de lui mettre un petit doigt dans le cul au moment de jouir ! Depuis je convulsionne ! Tu imagines s'il vire tarlouze à cause de moi ! Bonjour la réputation ! J'en ai trop marre de ma life! File moi ta lime à ongle que je me taille les veines!Au fait,c'est vrai que Tara sort avec Brandon ?La puuuuute !"


Elles rêvent en cinémascope et son stéréo dolby,les filles.Notting Hill,Bridjet Jones,Love Actually ,la marquise des anges !
Elles attendent le prince charmant.
Bref, les filles sont de vraies tapettes.
Les filles d'aujourd'hui je veux dire ! Votre génération ,c'était quand même autre chose ! De la femelle de concours! Velue,maflue,laitière,les hanches poulinières! Cent pour cent bio ! Et dure à la tache avec ça ! Bonne sous l'homme ! Pas le style à copiner avec des fiottes , hein Madame Solange !
Bon, ce n’est pas tout ça ,mais l’heure tourne et comme on dit le temps c’est de l’argent !
Vos étrennes ? Oui, je suis un petit peu en retard, veuillez me pardonner Madame Solange!J’étais à Monte Carloooooo voyez vous !
Ne vous inquiétez pas je pense à vous !Nooon, je ne ferais pas de folies, elle est folle, cette Madame Solange !
Une jolie plante d’intérieur pour décorer votre loge ! Pourquoi pas un cactus ? J’en ai vu d’étonnants au jardin tropical de Monteeee !
Extrêmement phalliques!
PHA-llI-QUE , rien à voir avec les timbres ! En forme de phallus , quoi ! C'est bien ça Madame Solange , phallus , un truc qui se suce !Mais pas que !
Vous pouvez vous asseoir dessus, aussi, les soirs ou le berlingot vous démange !
Ne me remerciez pas, c’est tout naturel !
Allez Madame Solange, je grimpe ! Mes amitiés à votre mari! Comment se porte t' il au fait ?
Toujours mort ! Vous êtes sure ? Des fois qu'il ressucite et nous vote Delanoe!
Oui , je sais , je suis conne des fois !
Bonne journée Madame Solange et méfiez vous des pédés ! Qui peut savoir ou ça va se nicher cette engeance !




06/01/2009

06/01/09 - 11:14

Depression au dessus d'un jardin.



J’ai changé, ne me déplaise !
Enormément ! En peu de temps !
Est à cause de mon retour à Paris ? De mon accident ? Du passage périlleux à la trentaine ?
Est-ce à cause de Christophe ? De notre relation désastreuse semblant ne vouloir ricocher que dans des directions défavorables ?
Naguère , mon énergie , ma vitalité , mon intenable impudence , cette manière éhontée de ne pas tenir en place sans jamais chercher la mienne ,de semer des tempêtes pour un tout , pour un rien , pour un tout petit rien ; de vivre mes amours comme on force un blocus , de les immoler ces amours sur des buchers aux allures de gaillards feux de plages , ce sacré chambard accompagnant la désinvolture de mes envols vers d’autres bras , d’autres draps ,d’autres impostures ; faisaient de mon existence un déluge , un océan en furie.
Déluge, j’en ai brisé des digues, j’en ai inondé des plaines, j’en ai submergé des montagnes,dévalé des précipices.
Océan, j’en ais fait des vagues, toutes identiques, toutes différentes!
Berceuses de barcasses, chavireuses de chalutiers, briseuses de cargos.
Vous n'en avez pas passé une, que déjà, la suivante se pointe en rafale.
Elle vous prend en traitre , elle vous soulève , elle vous élève vers ce que croyez être le soleil , elle vous attire puis vous repousse , elle vous enveloppe , elle vous borde , elle vous déborde , elle vous roule , elle vous boule , elle vous envoie valdinguer dans les abysses .
Vous avez de l'eau dans les yeux et les oreilles, du sel vert et acide dans les narines, un bouquet d'algues pourries dans la bouche ; si vous ne vous noyez pas, Dieu est avec vous.
Ou le diable, allez savoir !

La vie ça s'appelle la maladie que j’ai attrapée en naissant.
La vie magistrale. La vie plus grande que la vie !
« Biger than life » en français tel qu'on le cause.
La vie broyeuse d'autres vies. La vie exigeante, impitoyable, immense et animale.
La vie torrentielle !

Mais voici que les temps changent. L’océan est une flaque, le déluge une bruine, « Mauvaise . Graine » une épave.

La vie , ma vie , cette vie , je la régurgite en un lent , long ,lancinant écoulement , une sanie noire et malsaine , qui me laisse faible,appauvri,vagissant comme au creux d'un berceau .

Pourquoi on se lève, pourquoi on se couche, pourquoi on bosse, pourquoi on baise, pourquoi on baise plus ?
Pourquoi fais-je semblant d’écrire ?
Pourquoi ses longs yeux d’ambre liquide ce sont ils changés en deux petits lacs gelés,ternes,occultes ?

Je fus , pour l'unique fois de ma vie , un petit ami parfait , un ami parfait , un amant parfait . J'ai enchanté ses nuits, ses jours et ses rêves. Je lui ai offert des voyages autour de mon lit, des bouquets de rire,de perles ,de mots. Je l’ai consolé, je l’ai cajolé. Je l’ai rendu plus beau que beau. Je l’ai baisé à m'en peler la bite.
Je fus le roi, le fou, l’illusionniste, l'esclave accroupi.
Je suis une cloche !
Ce soir, nous sommes passés à un poil de cul de la catastrophe, à un frisotis du dernier Bing Bang.
Je le voyais venir et je serrais les poings.
Cette douceur dans la voix, cette fièvre soudaine hachant son débit,ces hésitations, ces phrases qui finissaient en soupirs,cet abandon que je ne lui connaissais pas.
Les mots qu'il n'osait prononcer déchiraient l'opacité de son silence.
J'ai prié : pas maintenant, pas déjà, pas comme ça !
Il a compris, je crois.
Il a dit :
« -Bon, je me couche, moi ! Dors bien fais de doux rêve !
« _ Ok, bonne nuit.
« _ Tu sais, je ....
« _ Tais toi !


J’ai quitté la chambre.
Deux heures du mat et des minutes.Fin de partie au Sans-soucis !
Au rez -de- chaussée j’ai récupéré une bouteille de Vodka, beaucoup de glace !
A présent, gelé comme un coing, presque délivré de la conscience de mon corps, l'esprit en déroute, le cœur calebasse battant sous des paumes africaines, j’attends de sombrer dans ce « sommeil ivre » dont parle Rimbaud.
En pure perte !
A cette heure de la nuit et dans l'état ou je me trouve,j’oublie d’ordinaire la cause de mes tourments. Je me sens même, la plupart du temps,assez d'humeur à me lancer dans des digressions illuminées sur la vie,l’amour,la coiffure,le vin.
Le point de non retour atteint, déjà en terre lointaine, les mots me viennent comme des chocs, pitreries, agressions, jetés battus, « je-t-ai-battu », hideuses têtes d'Iokanaan au poing sanglant de Salomé.
La logique ainsi qu’un petit pantin désarticulé, funambule sur un fil ténu, tendu entre deux paradoxes. Les idées fusent, fusionnent, s'estompent aussitôt.
Délire, verbiage, clairvoyance.
Références aux princes de la cuite:Baudelaire,Apollinaire,Audiard,le grand serge!

"Depression au dessus d'un jardin
Ton expression est au chagrin
Tu as laché ma main
Comme si de rien n'était.
De l'été c'est la fin
Les fleurs ont perdu leurs parfums
Qu'emporte un à un
Le temps assassin."


Gonflé d’importance, pédagogue sentencieux,je cherche à me convaincre ,à coups d’aphorismes d'argile ,que l'alcoolisme pas plus que l'amour n'a besoin de raisons. Que l'on cherche toujours des excuses plus que des explications. Que j’aime boire moins par goût de l'alcool que pour l'ivresse qu'il procure.
Que je bois pour oublier.
Oublier qui ? Oublier quoi ?
Oublie-moi toujours, jamais je ne t’oublierais.
Le crabe dans les vapes affute ses ciseaux. L'alcool sur la plaie fait comme du sel, il brule sans cautériser. Il n'a ni beauté ni bonté.
Pouvoir thérapeutique ?
A dose homéopathique, sans doute.
Quatre verres de vin te feront le cœur sain, le sang fluide, les artères souples.
Quatre verres de vins ? Cuite mesquine !
Moi, je bois tel un soudard, pour la destruction et la gloire.
Gloire des armes, gloire des larmes, gloire mensongère des tréteaux, gloire des fontaines et des Bacchantes, gloire chavirante des bateaux.
Boire pour s’oublier, se transmuter, se transformer.
En quoi ? En objet de risée, en dindons de farces bouffonnes ?
C'est une maladie que l’alcoolisme, une maladie honteuse.
Les cancéreux apitoient, les alcooliques prêtent à rire. Ils quêtent de l'amour et ne récoltent que des lazzis.

Ce soir jepourrais tuer pour une déclaration d’amour !
Une qui aurait de la gueule, de l’allure, du panache !
Comprenez moi, je suis comme Sophie Marceau dans " La boum 13 : Romance à l'hospice ",je n'ai rien contre le fait qu'on me dise " je t'aime "; mais pitié Messieurs, un peu de classe, un peu d’audace, un peu d'originalité !
Soignez le décor, soignez la présentation ; mettez un costard et genou à terre. Sortez les fleurs et les confettis, les revolvers et les couteaus. Convoquez les violons de Baudelaire, les orages furibards des sœurs Brontë,le technicolor flamboyant des mélos de la " MGM ".
Ne le dites pas au téléphone.
Encore moins par SMS.
Surtout pas sur MSN.
Par signaux de fumée, à la limite vous le pouvez.
A condition de vous appeler Sitting Bull, bien sur.
Ah, vous vous appelez Christophe ?
Glad to met You.My name is Graine , Mauvaise . Graine !
Vous êtes un petit breton, fils de la pluie et des marées. Dans ce cas,donnez-vous un petit peu de mal.
Faites rugir l’Atlantique, faites gueuler les goélands, chapardez les mots de Chateaubriand et faites m'en offrande.

" Mon dernier rêve sera pour vous "

Vous devez vous dire, elle est mignonne la « Mauvaise . Graine » ; mais c'est un truc de midinette que d'accorder tant d'importance à deux notes et demi de musique que certains vous chantent aussi souvent que " Bonjour comment ça va ? " dans une journée ; que de toute façon, il n'y a pas d'amour mais des preuves d'amour et patati et patalaire,l'infini à portée des caniches.
Peut être avez vous raison.
Moi, je suis persuadé qu’un " Je t'aime " n'est jamais innocent.
C'est une balle de revolver qu'un " Je t’aime ».
Ou il vous effleure sans vous blesser, ou il vous explose le cœur.
Tant qu'a faire, s'il doit me tuer que se soit en apothéose.
Je veux des fanfares et des vivats, des serpentins et des ballons, un ciel tonnant de 14 Juillet.
Et tant pis si au fond, moi ,je ne l’aime pas.

05/01/2009

05/01/09 - 09:38

Vinyle-Fraise ; la B.O de ma vie. 1983





1983

La guerre froide fait rage comme aux jours les plus rigoureux des 50th.
Devant un auditoire de fondamentalistes protestants, le cow boy de Pennsylvania Avenue dénonce l’Union soviétique comme « l’empire du mal ».
Pour briser la logique de « l’équilibre de la terreur », il lance un programme défensif, l’Initiative de défense stratégique (IDS) baptisé par ses détracteurs « guerre des étoiles ».
L’état de guerre est annulé en Pologne après un voyage du pape couronné de succès.
Cependant, manifestations et arrestations se multiplient.
Solidarité devient un mouvement d’opposition clandestin, soutenu par l’Église catholique.
En Italie, en Grande-Bretagne et en RFA sont mis en place 48 Pershing II et de 64 missiles de croisière américains pour rééquilibrer les forces en Europe.

Le monde tremble. La bombe, l’énorme, la super H menace de péter d’un jour à l’autre.

E=MC2, mon amour !

1983

Après l'échec de la politique économique du gouvernement Mauroy, suite au second choc pétrolier, la France adopte un plan de rigueur, qui consacre la conversion des socialistes à l'économie de marché. Afin de remédier aux déséquilibres engendrés par le déficit de la balance des paiements, une politique d’austérité s’impose.
Les français, soumis au plan de rigueur qui leur interdit de sortir de l'argent du pays, sont obligés de passer leurs vacances en France. Chaque français adulte a seulement le droit de changer pour 1 500 francs en devises étrangères et ceci pour toute l'année fiscale; d'autre part leur carte de crédit est bloquée hors de France, les transferts financiers doivent être justifiés et sont aussi limités à 1 500 francs par trimestre.

Mais de quoi se plaint-on en 2009 ?

1983

Les premiers compacts disques sont commercialisés.
Louis de Funès s’en va rejoindre son ami Bourvil au Paradis des rigolos. Les anges n’ont pas fini de se marrer.
Tennessee Williams nous quitte, laissant Blanche Dubois, Violet Venebale et Maggy la chatte orphelines.

1983

Isabelle Adjani a le culot de se déculotter dans « L’été Meurtrier » et empoche le second de ces quatre Césars.
Blake Edwards et son épouse Julie Andrews traitent de l’ambigüité sexuelle sous forme de comédie musicale (« Victor Victoria »).
Gallia – celle du Queen- fait ses premiers et probablement derniers pas au cinéma dans « La balance » de Bob Swain aux cotés de Nathalie Baye.
Elle y joue le rôle d’une pute.
Un OVNI débarque sur la scène musicale Internationale.
Elle chante faux, danse mal, s’habille comme une clocharde. Les cassandres prédisent qu’elle ne passera pas l’été.
Elle s’appelle Madonna, Louise Ciccone.

1983

Septembre

Fermement décidé à poursuivre mon éducation de future tapiole élevée au bon grain, mon papa chéri m’emmène voir mon premier grand show.
Plumes, strass, paillettes.
One steps, béguines, disco, tango, paso, valses cascadeuses vives et gaies !
Le bon temps du Rock , les lumières de Brodway ,les violons de la Maritza.
Sylvie Vartan triomphe au palais des congrès devant un public de folles affolées.
Je sors de la salle ébloui.
C’est décidé, quand je serais grand je veux faire chanteuse blonde.

28 Octobre

Nous fêtons mon cinquième anniversaire boulevard de Courcelles.
Il y a des clowns et des ballons, un théâtre de marionnettes,des guirlandes et des lampions de papîer entre les tilleuls , un gâteau à la vanille et aux fruits rouges,de l'orangeade et du sirop de fraises, plus de cadeaux que je n'en recevrais jamais .
C’est du moins ce montrent les photos car le seul souvenir que je garde de cette journée est celui d’un parfum de Lavandes.
On objectera que les Lavandes ne fleurissent pas au mois d’Octobre.
Surtout boulevard de Courcelles !
Pourtant, c’est bien une odeur mauve, douce et légère qui flâne sur les vestiges enfouis de ce Jeudi là.
« Pour un Homme » de Caron.
L’eau de toilette que portait papa.
Papa, je ne le lâche pas d’une semelle. J’agrippe sa veste, j’accroche ses pantalons, je réclame ses bras.
J’ai peur qu’il ne soit triste.
J’ai peur qu’il ne s’en aille lui aussi.
Quelques semaines auparavant ma mère s’est barrée tailler des pipes à un chimpanzé Vénézuélien propriétaire de mines d’or rouge et marchand d’esclaves.
Le rêve en somme de toutes les garces bien élevées, nourries de pattes à l’eau et de patates bouillies, dans des appartements hypothéqués jusqu’aux chenets du quartier Saint Gervais –Saint Paul, ces petites filles aux paupières baissées sur une trouble lueur lila auxquelles on apprend à compter en carats et stocks options afin de s’assurer qu’elles deviendront bien de grande salopes.
Mais papa n’a pas d’autre chagrin que celui de me craindre malheureux.
Il sent bien dans le fond qu'elle ne me manque pas.Il sait bien que je ne l'ai pas plus aimée qu'elle ne m'a aimé.
Qu'a celà ne tienne , il m'aimera pour deux , pour dix , pour mille !
Alors il me rassure, alors il me cajole.
Il dit que nous deux, ensembles, on a besoin de personne, qu’on est les plus forts du monde.
Il a vingt trois ans, la beauté d’un ange déchu, un métier qui le passionne.
L'avenir devant lui comme qui dirait....
Il va sacrifier ses plus belles années au bonheur d’un monstre qui un jour, lui dévorera le cœur.






04/01/2009

04/01/09 - 09:36

L'adieu au Guerrier.



J’étais à peine majeur lorsque je rencontrai le garçon pour lequel je commis ma première folie amoureuse.
Nous l’appelleront « Le Pacha » puisqu’il répondait au grade de quartier maitre dans la marine nationale.
Le terme de « Pacha » dans l’argot des marins désigne le commandant d’un navire. Or commandant de navire, il l’était comme moi danseuse nue au « Crazy Horse ». Cependant ce surnom me semblait parfaitement convenir à sa nature dolente comme à son gout prononcé pour la plus parfaite oisiveté ; je l’aimais en tous cas beaucoup plus que celui officiel de « Crabe » qu’il devait aux chevrons rouges de son insigne de grade rappelant les pinces d’un crustacé.
Nous nous rencontrâmes au « Queen » ; un Dimanche si je me souviens bien ; aux temps bénis ou pour accéder à ce saint des saints nous classant définitivement parmi les gens « in » , nous acceptions , de bonne grâce, d’être traités comme les voyageurs du métro New Yorkais , un Vendredi soir veille de fête , à l’heure ou des milliers de bureaux vomissent dans la rue des centaines de milliers d’employés , ou certains , moins jeunes , moins jolis ou moins rusés que nous ne l’étions , payaient à prix d’or des consommations que les serveurs , distraits , leur apportaient ou non selon leur humeur .

La nuit largement entamée, j’étais saoul à ne plus savoir comment je m’appelais ; mais pas au point de laisser échapper cet immense gaillard, les cheveux taillés ras ; la mâchoire carrée ; les yeux légèrement fendus en oblique d’un bleu intense et liquide dans lequel on aurait aimé nager vers la promesse d’une ile.
Vêtu d’un pantalon à pinces de toile noire comme on en faisait plus depuis 1982, d’une sage chemisette blanche boutonnée jusqu’au col, il dansait gauchement parmi les folles à boas et les athlètes en strings, indifférent aux mouvements de la foule comme au rythme de la musique .
Je le trouvais emprunté, maladroit, provincial ; bref terriblement attendrissant.

« - On dirait Balloo du « Livre de la Jungle » ; se moqua David à mon oreille.
Je lui assénais une petite tape amicale sur la joue.
« - Dans ce cas, je veux bien être son Mowgli.
« - En plus, tu as vu la touche ? Je te parie qu’il est hétéro ! objecta mon empêcheur de draguer tranquille.
J’esquissais un sourire que je voulais insolent.
« - Raison de plus !

Hétéro, il ne l’était manifestement pas, puisque trente secondes plus tard, après avoir feints de trébucher contre sa large poitrine (« Pardon, je suis un peu saoul ») je titillais de ma langue le fond de sa gorge sans qu’il songeât à me flanquer l’avoinée que mon impertinence méritait.

A la fermeture, nous l’embarquâmes ; sans nous soucier de lui demander son avis, ni de savoir s’il était accompagné ou non ; chez David, dont le père, producteur de cinéma, absent pour cause de tournage Africain ne risquait pas de venir troubler nos turpitudes : autrement dit dans l’appartement mitoyen de celui ou mon propre géniteur et son épouse feignaient d’ignorer les bacchanales orchestrées de l’autre coté de la cloison. Tandis que nos pseudos amis s’achevaient gaillardement à coups de shoots de Téquila et de rails de coke, « le Pacha » et « Mauvaise . Graine » s’enfermèrent à double tour dans la chambre d’amis ou, bien entendu, ils jouèrent à la bataille navale jusqu’au lendemain matin.

Quoi qu’il en soit, quant à des raisons suffisamment évidentes pour que je m’abstienne de les énumérer ici, il ne me fallut pas mille ans avant de me découvrir amoureux dans toute la splendide inconscience, la merveilleuse voracité de mes dix huit ans. « Le Pacha » brulant des mêmes feux, s’en suivirent six jours de folle passion, passés essentiellement à faire l’amour avant que le glas d’un départ annoncé ne vienne tempérer nos priapiques ardeurs. Je vous épargnerais la litanie des « ne me quitte pas » et autres « mais je ne pourrai jamais vivre sans toi » que nous déroulâmes à plaisir telle la bobine d’un mélo-raclette ; nos adieux déchirants sur un quai de gare , ma course éperdue dans le sillage de ce train qui emportait mon amour vers Toulon,sachez simplement que si un jour on tire un film de cette histoire il faudra impérativement vendre des kleenex pendant la projection sous peine de voir la salle noyée avant la fin du premier quart d’heure.
S’en suivirent deux semaines de correspondance tragique, de coups de fil désespérés, avant que je ne me décide, ma vie m’étant devenue intenable, Paris haïssable, à tout plaquer pour rejoindre mon homme aux rives de la plus belle des mers du monde.
Mon Saint homme de père tomba des nues lorsque je lui annonçais ma décision.
« -Tu es saoul ? Drogué ? Malade ? Tu me fais un poisson d’Avril au mois de Mars ?
Je le rassurais aussitôt : jamais je n’avais été plus sérieux.
« -Et de quoi comptes tu vivre à Toulon ?
J’objectais que je trouverais un job. Après tout travailler ne devait pas être bien terrible puisque plein de gens s'y risquaient.
Ricanement du paternel.
« - Parce que tu sais faire quelque chose de tes dix doigts ! Voilà qui est nouveau.
En dépit de ma mauvaise foi, je convins qu’il n’avait pas tort.
« - J’espérais que tu accepterais de m’aider financièrement.
Pour la toute première fois mon père me dévisagea avec sévérité.
« - Tu es majeur, je ne peux donc légalement t’empêcher de partir si tel est ton désir. Mais sache que tu fais une énorme bêtise. Tu te crois grand, tu te crois fort, tu te crois amoureux d’un garçon que tu ne connais pas, tu te crois armé pour la vie à deux et ses petites misères, vas mon fils, vie ta vie, seulement ne compte pas sur moi pour t’aider à te fourvoyer ! Et puis Toulon, franchement ! Tu n’y tiendras pas huit jours !
J’y teins huit mois.
Suite au refus de mon père, je m’en allais pleurnicher auprès de mes tantes, lesquelles nourries de romans roses et de films Hollywoodiens, compatirent à ma misère, acceptant même de me doter d’un joli magot aux conditions expresses que je taise leur rôle dans mon escapade et que je promette de leur téléphoner tous les jours.
Je partis donc d’un cœur léger et retrouvais mon « Pacha » avec transports, bien décidé à gouter sans limites aux délices d’un amour conquis de si haute lutte.

Hélas , je tardais pas à réaliser que si j’aimais sincèrement « Le Pacha » , l’amour , l’amour avec « Le Pacha » , j’aimais encore mieux mon confort et mes aises et que la passion dans 20 m2 avec chiottes sur le pallier , eau chaude uniquement entre sept et huit heures du matin , lorsqu’en plus il faut se farcir les courses , le ménage et la bouffe ; cette passion là possédait un léger gout de rance auquel mon palais de fin gourmet ne s’accoutumait pas.

Toulon ; mon père avait raison ; et j’en demande pardon aux Toulonnais si toutefois certains d’entre eux me lisent, n’est pas une ville bien agréable, ni bien folichonne. Bref je m’y emmerdais à cent sous de l’heure et ce n’était pas un semblant de milieu gay -composé pour l’essentiel d’un bar, « Le Texas », lui plutôt sympathique ; d’un resto dont par charité Chrétienne je tairais le nom et d’une boite, « Le boy z Paradise », ou des travelos de l’âge de ma grand-mère se produisaient sur des chansons d’Annie Cordy - qui risquait d’enjoliver mes humeurs maussades.

Mon orgueil m’interdisant toute marche arrière je rongeais mon frein jusqu’à ce que « Le Pacha » ne vienne m’annoncer, le teint cendreux et l’œil humide, qu’il embarquait à destination de Djibouti pour une escale de six mois.
Je ne me souviens pas de ce que je ressentis à ce moment précis ; sans doute un lâche soulagement ; mais voici ce que je notais dans mon journal intime à la date de son départ :

« Il s’en va.
Il part sur la mer indigo à bord d’un navire blanc fierté de notre marine Nationale.
Il ne reviendra pas avant de longs mois.
Destination Djibouti.
J’ai regardé dans un Atlas ou ça se trouvait.
C’est loin, très loin …….
« Le Pacha » pleurait tandis qu’il me serrait à me briser contre son grand corps massif.
Il disait des bêtises, il disait des guimauves.
Il disait qu’il avait peur. Il ne savait pas de quoi. Il ne savait pas pourquoi.
Il voulait me faire l’amour, encore une fois, avant de me dire adieu.
Je l’ai trouvé laid comme un homme qu’on aime plus.
« - Tu m’attendras, suppliait il, tu ne me tromperas pas !
J’ai promis tout ce qu’il a voulu, mais in petto je me disais « Pars tranquille, mon grand, je n’ai jamais autant envie de te tromper que lorsque tu es là. »


Le batiment emportant « Le Pacha » n'avait pas quitté la rade Toulonaise que déjà j’embarquais pour Paris ou mon père me reçu sans un commentaire, sans un reproche.
"Le pacha" m'écrivit des mois durant sans même que je daigne ouvrir ses lettres.
Puis il téléphona.
Je lui fit répondre que j'étais décédé dans la paix du Christ Roi.
Parfois , il me plait à imaginer qu'il éspère encore ma résurection.
En revanche au cours des semaines qui suivirent je refusais systématiquement de sortir avec tout garçon qui habitat à plus d'un jet de pierre de mon XVIème natal.

03/01/2009

03/01/09 - 12:09

Rechutes névrotiques.



A mon rictus mauvais,il devient extrêmement clair que « Monsieur de… » va se prendre un pavé dans la barbe.
Motif de la punition :son refus de s’habiller sous prétexte que seuls « les ploucs se déguisent en pingouins le soir du 31. »
Il gamine, l’adorable !
Il donne dans le caprice vétilleux, la volte face candide.
Il narquoise ,aussi, l’effronté!
Caustique, un tantinet provocant.
« - Tu es beau comme un livre d’images, mon ange ! Tu rends hommage à Stendhal ou à Jeanne Mass, là ? » Nargue t'il en reluquant ma sublime panoplie rouge et noir.
Je t'en foutrais des livres d’images !La Bible,version Gustave Doré,tu vas te la bouffer ,histoire d'en voir de plus près les enluminures!Et si je me sens d'humeur je rajouterais au compte quelques coups de grolle dans le train en guise de bénédiction Urbi et Orbi !

C’est donc en jeans informes et T-shirt délavé, barbe rude sur menton rond , cheveux coiffés aux doigts ,que "Monsieur de...", sans pour autant se départir de son grand air Régence, réveillonnera.
De là à imaginer qu’il finirait à peu près nu …..

J’ignore ce qui se passe dans sa caboche, mais il me fait des rechutes névrotiques en série ces jours ci,le "Cricri d’amour" !

La faute au picolo, parait il !

Moi je veux bien ; mais ce ne sont pas deux coupes de champ' en apéro, une quille de rouquin au cours d’un diner dont les seules entrées suffiraient à nourrir Al-Genaïna et ses faubourgs pour les trente années à venir, une lichette de « Parfait Amour » histoire de faire glisser les agapes ; qui me le rendent plus schlass qu’un équipage de matelots Polonais dans la plus pourrie des basses villes de la plus crapuleuse des garnisons portuaires.

Ou alors il biberonne en cachette,je ne vois pas d’autre explication !

Dans un premier temps, « Monsieur de … » a le Jaja folâtre.
Primesautier.
Un rien mutin, à peine trivial.
Ca vous lèche la joue, ça vous bave dans le cou, ça vous papouille,ça vous gratouille l'entre-cuisses, ça défait, d’un doigt malicieux, le nœud de cravate que vous avez mis trois heures à réussir,ça vous glisse des salaceries dans le creux de l’oreille en oubliant de baisser le ton de façon à ce que toute l’assistance puisse en profiter !
Je vous jure, seuls les malheureux en coma dépassé au dernier étage de l’Hôpital Princesse Grace méconnaissent encore les brusques envies de sucette surprise que manifeste l’infâme entre le homard et la gelinotte.
Vous croyez que ça embarrasserait la compagnie, vous ?
Pensez donc !
C’est au contraire la surenchère dans l’égrillard,l’escalade dans le graveleux,la grimpette dans le grivois.
On naufrage dans le salé ,le plébéien,le gras du bide !
Quatre vingt chasseurs,ourdés au douze degrés,s'en payeraient des roseurs de premières communiantes.

Dandy romantique en redingote sable, camélia crème à la boutonnière,l’œil un peu au loin comme s’il visualisait des féeries dans la moire des baies vitrées,le sublime cousin détaille avant que 2009 ne pète en feux d'escarboucles,les quinze manières différentes de se faire plaisir avec un Fleshlight.

(Commentaire de Chris à mon intention : « Je suis sur que tu en connais plus de quinze toi, salope ! »)


Nue sous l’écume dorée d’une résille de métal et de soie,une grande statue d'Abyssinie que l'on pensait miséricordieusement muette avant qu'elle ne se mette à égrenner des rosaires de conneries,se demande,sans même se marrer,si elle ne serait pas un peu lesbienne puisqu'accro à la jouissance clitoridienne, laquelle comme chacun sait enlève de l'importance aux hommes.

(Etonnement du futur ex homme de ma vie : « Elles sont QUE clitoridiennes les lesbiennes ? »)


Mais le pire vient d’une sorte de long glaïeul fanant, vraisemblablement dépucelé par Monsieur frère du Roi dans les jardins du Palais Royal,qui,sur l’air connu du « c-était-mieux-avant »,radote ses frasques sépia à la belle époque des bordels pour garçons du Chatelet ,des vespasiennes du Boulevard d’Arago sous les marronniers duquel fut guillotiné Landru , du grand cirque travesti déroulant ses serpents de plumes irisées sur la scène d'« Arthur »,des tangos interlopes découpant leurs ombres chavirées contre les laques rouges de la « villa d’Este ».

(Irritation de la barbaque givrée assise à mes cotés « Il va fermer son claque merde, « Jurassic Park » ! Il nous joue quoi là ? L’amour au temps des brontosaures ? »)


Le reste des convives présente peu d’intérêt.
Une bande de cancanières encore pire que moi, capables de raconter que j’ai tourné hétéro, d’aller colporter cette ignominie dans Paris, partout, comme ça, juste pour nuire !
Elles jacassent entre elles ,embrouillaminis de cocus, peines de fion et gigolos venus du Danube.
Il ressort de leur babil que ça prostipute toujours pas mal le long de la Riviera,même si les ragazzi, farabutti et autres mascalzone Pasoliniens se sont vus détrôner par des Apollons Bulgares, des cuirassiers de Moravie, des hercules tartaro-mongols.
Le nec plus ultra de la bogossitude cosaque.
Un peu Michel Strogoff, un peu Prince Muichkine.
Moitié Attila, moitié Folle de Chaillot.
En matière d’Orientalisme de pacotille, je ne redoute nulle concurrence. Aussi deviens-je, une fois le sujet des singeries slaves lancé, l'arbitre révéré du débat.
Que ces braves gens prennent la Volga pour le Danube, l’Oural pour les Balkans et Tatiana Boulanova pour Sylvie Vartan passe encore, mais qu’ils mélangent,dans un grand élan d’Orthodoxie les bordels de Riga, les fastes de l'Ermitage et les pèlerinages à Nijni Novgorod laisse songeur.
Pourtant, c’est sans réel déplaisir que j’allume ma lanterne magique, que j’enrubanne d’images d’Epinal la pesanteur nantie de cette fin de festin.

Samovars et Blini de la Maslenitsa, Balalaïkas et mazurkas, toques de loutres et troïkas, aubes cristallines et fleurs de givre, Raspoutine ,Jivago,Katia Dolgorouki ; un dernier été à Tsarskoïe Selo ,façades bleues ,robes blanches à guipures ;le charnier d’Iekaterinbourg,du sang sur la neige, des loups dans les champs de pavots.

Tout un amphigouri de symboles éculés, d’icones plastifiées ; une vaste bimbeloterie pour kermesse aux frileuses étoiles tels que depuis près de dix ans j’en imagine pour des touristes avides de clichés.

Profession de foi, l’Evasion avec un « E » majuscule.
Substitut, l’aventure avec un « a » qui s’accommode d’une minuscule.
Toujours abuser du folklore, toujours laisser entendre à son auditoire ce qu’il a envie d’entendre. S’éloigner des rivages familiers mais pas trop. Rester dans la limite rassurante des eaux territoriales. Offrir l’océan Indien en bocal, les dômes du Kremlin sous cloche de verre, l’Afrique en réserves, Venise sous forme de Mariland culturel auquel ne manque que les pitreries des dauphins.
Voilà pourquoi on trouve des piscines sur les plages.

Et l’authenticité dans cette affaire ? A quoi bon, plus personne ne s’en souci de l’authenticité ! Le public ne désire être surpris que par ce qu’il attend !
Bref je dégoise mon couplet policé en mode pilote automatique face à une assemblée conquise d’avance.
C’est beau comme une chanson d’Hélène Segara, paroles et musique.

Du reste la vieillasse pamoise dans l’Astrakan, le Taffetas et l’Organdi, se rêve en impératrice écarlate, Marlène guerrière cravache comprise. Elle se souvient d’un Moujik d’opérette qui l’aimât ,au siècle passé, dans les coulisses d’un cabaret Russe de la butte. Il avait des mains de batelier et les lèvres douces. Une bite énorme aussi sans doute, mais elle ne s’en rappelle plus. En revanche, elle n’a pas oublié l’odeur des fards et de la poudre de riz, les trainées de « Bronzor », ce fond de teint pour le corps, qu’il laissa sur sa peau, ni l’accent ensoleillé de l’imposteur lorsqu’oubliant de rouler les « R » il se révéla aussi Marseillais que la Bonne Mère.
Elle en pleure d’attendrissement l’ancêtre ! On peut la comprendre ! Soixante seize carats. Son amour est mort, ses amis, son chien aussi et elle-même ne se sent pas très bien. Seules subsistent les étreintes tarifées, vénéneuses, potentiellement mortelles, qu'elle s'en va mendier auprès d'arsouilles à la gueule cassée et aux pieds nus, de louches milords la Violette et autres maraudeurs du clair de lune. Et inutile de ricaner les filles, vous y viendrez toutes !!!!!!
Le « Cricri d’amour », ça lui bousille le système nerveux ce quart d’heure mélo. Aussi pour détendre l’ambiance , il ne trouve rien de mieux à faire que de pousser le volume de la sono à fond et d’ improviser un petit strip tease devant un feu de cheminée ou il manquera se rôtir les fesses.
Rien de bien méchant au demeurant, rayon Chippendales on a déjà vu moins balourd et plus bandant. Il faut dire que de la viande saoule s’empêtrant dans ses vêtements et s’emmêlant les cannes aussi Grand Siècle que soient ces dernières ; prête d’avantage à rire qu’à fantasmer.
Et l’on s’étonnera ensuite que je ne sois pas tout à fait terrassé d’amour….
En même temps j’imagine qu’il doit être salement paumé pour se livrer à toutes ces pitreries, lui d’ordinaire tellement réservé.
Mais salement paumé pourquoi ? Je n’en ai pas la plus pauvre idée !
On dira, comme en début de billet, que c’est la faute au picolo….
Les réponses aux questions que je ne me pose pas me viendront plus tard dans la nuit, après une virée expresse dans une boite de Nice ou se déroulait une soirée déambulateurs et cartes vermeil, de la bouche même du petit frère de Chris, alors que celui ci, affalé sur la banquette arrière baigne dans son vomis et un sommeil fiévreux.
Hubert, vingt ans, des longs yeux affligés de lama, une virginité inattaquable pour cause de sexualité incertaine ; cet air navré de fin de sève que l’on trouvait naguères à certaines belles du Sud soignant leurs névroses de fleurs exsangues à coups de " Mint Julep ", dans la moiteur caraïbes du « vieux carré », pas la moitié d’un con pour autant .
« - Il faudrait que vous parliez un peu, mon frère et toi.
« - On ne fait que ça, parler. Parler de quoi d’ailleurs ?
« - De la fin de votre histoire, par exemple !

Immense silence, immense moment de solitude.
Au dessus des colines, entre les bois noirs des citroniers ,sur l'étain navré d'un coin de mer ,la nuit rosit comme si elle avait quelque chose à se reprocher.
La fin du monde est pour Dimanche, un petit garçon me l’a dit.
Il n’y a plus qu’à s’asseoir et à attendre.

01/01/2009

01/01/09 - 09:08

Meilleurs voeux.



" Mauvaise . Graine" vous souhaite à tous et toutes une très belle année 2009 .

31/12/2008

31/12/08 - 14:45

Cousin-Cousine.



Chris est venu me récupérer à l'aéroport de Nice.
Halé et parfumé, white jeans et T- shirt Tropézien, blouson de cuir bleu passé de chez Dior (vous ne pouvez pas le louper, c’est marqué dessus en lettres fluorescentes !).
Mauvais genre juste ce qu'il faut.
Comme j’aime.
Bref, une pintade Azuréenne.
Que la température avoisine les moins zéro ne semble pas le gêner, lui d’ordinaire si frileux.
Il séjourne sur la « French Riviera », donc il s’habille léger !
Et tant pis s’il grelotte, et tant pis s’il ressemble au grand frère des Schtroumpfs.
Un bisou, deux bisous, « non- pas- la- bouche – y- a -du -monde », et nous voici parti pour la principauté à bord d’un pot de yaourt si exigu que mes genoux flirtent dangereusement avec le tableau de bord.
En route, je m’enquière de la compagnie.Chris me rassure ; les adultes (A noter au chapitre des singeries me le rendant parfois insupportable que Chris évoque les adultes comme s’il n’en était pas un lui-même) ont choisi de fêter la Saint Sylvestre dans les Alpes Suisses. Seront donc présents, son plus jeune frère, son cousin germain - notre hôte-, ainsi que les amis de ce dernier, une bande de folle « que- tu- vas -adorer -détester » ; plus une fille totalement cinglée « que- tu- vas- détester- adorer ».
Me voilà bien tranquille, je vais pouvoir roter mon champagne, péter mon caviar et prononcer des mots inconnus du dictionnaire sans provoquer d’incidents diplomatiques.
A moins que je ne fasse la grâce à mon amoureux de me tenir correctement, très gendre idéal, en bout de table.

La demeure ou nous logeons ressemble à une version miniature du Palais Sanssouci de Potsdam quoi qu’en plus chargée.
Bref, une meringue.
« Mauvaise . Graine » ma fille, s’il te restait un doute, tu peux en faire le deuil : tu es bien chez les riches, aussi incongru, déplacé, malséant qu’un Poivrier sauvage dans une roseraie, même si l’incongruité est devenue à ce point quotidienne qu’on y prête plus attention !
Quant au fameux cousin ; de faux airs d’asiate, des épaules à déménager les pianos, une bouche à embraser les banquises, des dents de magazines …..Bref, une bombe sexuelle, un pur concentré de testostérone, le plus affuté des pièges à garçons qu'il m'ais été donné de croiser !
A mon avis, lorsque ce mannequin traverse le Marais, les pamplemousses doivent suinter, les noix de cajou éclater, les bananes jouer les métronomes sur son passage ! Il faut distribuer du Temesta en intraveineuses pour calmer la tachycardie des donzelles, du bromure à la louche pour empêcher un viol collectif.
Du reste, moi-même je ne me sens pas très bien. Une écume blanchâtre à la commissure des lèvres, je déraille sur toute la ligne, je rougis, je palis, je brule de partout, je perds mes mots, j’en invente d’autres ; ceci au grand agacement de Chris.
« - Calme tes ardeurs « Mauvaise . Graine », me conseille t’il tandis que nous rejoignons notre chambre. Mon cousin n’est pas pour tes dents de loup.
Piqué dans ma vanité, j’enfourche illico mon plus fougueux destrier.
Mais comment ose t il me prêter de si vils desseins alors que je ne suis qu’angélisme et probité ? D’ailleurs je ne l’ai même pas regardé son cousin. Je n’ai pas vu qu’il a les yeux de ce vert translucide des jades anciens, un adorable grain de beauté sur l’arcade gauche, pas plus que je n’ai remarqué ce minuscule éclat de saphir à son oreille ni le tatouage Maori sur son cou. Et puis tu sais bien toi que je n’aime que toi !
« -Des clous ! Ricane le macaque, fâché que la discussion ricoche dans une direction contrariante.
Plus pincé qu’une chanoinesse en carême, je lui fais valoir que je m’estime encore bienheureux d’être admis au sein de sa famille, leçons de musiques comprises, sur la base d’un tarif préférentiel ,pour m’abstenir de me montrer brutal et discourtois en culbutant le maitre de céans avant même d’avoir vidé sa cave à vins et mis à sac son palais d’été.
Et là, tandis que je m’apprête à enfiler les arguments oiseux –d’aucuns diraient les clichés-voici qu’un feu rouge me stoppe net.
Warning ! Terrain glissant ! Eviter le sujet du « J’encule les altesses, je conchie les Milords, je pisse à la raie des aristos ! Grace à Dieu, nous ne sommes pas du même monde et vive la révolution ! », histoire de ne pas s’entendre répondre « Mais alors, que fais tu dans le mien de monde, anarchiste des deux que je ne te lècherais plus ? Dégage s’il ne te convient pas, mon monde, bouseux, manant, cloporte ! ».
A force de baiser hors de sa classe, on fini par le connaître le grand livre des phares, par ne plus confondre la braise racoleuse et le signal de détresse ! Pas envie de se retrouver à la rue la « Mauvaise . Graine », obligée de turbiner devant l’« Hôtel de Paris » un 31 Décembre pour pouvoir s’offrir un whisky, trois cacahouètes et la chaleur d’un bar de palace.
Pour le coup, je passe fissa du mode cigüe au mode miel aux lèvres.
Mon lapin, ma puce, mon canard en sucre, je m’en fiche moi de ton cousin. C’est un con spontané, ça se voit ! Toi tu es tellement plus intéressant, tellement plus …… Tellement plus-plus quoi !
« Monsieur plus-plus » n’est pas dupe un centième de seconde, mais pas plus que moi il n’a envie de passer le nouvel an sous les retombées acides d’un parasol thermonucléaire.
Aussi me sourit-il. Aussi m’ouvre t il les bras.
Et les draps d’un lit si haut que si tu en tombes tu te tues.
C’est une bonne pomme mon Christophe et dans le fond, il se peut qu’il m’aime bien.

31/12/08 - 10:00

Le premier matin du monde.



Si la marée m’avait emporté, sans doute me serais je assoupi, apaisé, assouvi, gisant de chair fermé sur l'écho de mon plaisir. Mais la mer est loin déjà, la plage immense et vide; mon corps oublié sur le sable qui le blesse sonne creux et lourd des accords d une sonate avortée.
A la dérobée, j’observe Chris, assis en caleçon et large chemise ouverte à un petit bureau un peu démodé, probablement signé Grange ; ses mains habiles et légères volant sur le clavier de son ordinateur. Le profil sans défauts du drôle se perd dans un glacis de lumière cérulescente ou s’estompent le nez court et droit, tout retroussé d’impertinence, la grâce sensuelle des lèvres meurtries, le modelé lisse et rond du menton.
Certes Chris est beau.
Beau à en mourir.
A en mourir d’amour.
Cependant, la joliesse exquise de ses traits porte en elle même sa propre limite ; l’égale monotonie d’un paysage dépourvu d’imagination ou l’on aimerait trouver, dans une brisure infime des lignes, dans un hiatus léger des couleurs, quelque subtile irrégularité propre à en pervertir la pureté.
_ Christopheeeeeeee !
Je feule comme un matou en rut.
Allongé sur le ventre, tout à fait nu ; je tends vers lui un bras interminable et tentaculaire.
_ Christooooopheee , viiiiiiens !
Il dit " j’arrive.», il dit " attend ", il dit " tu n’en as donc jamais assez ».
Il fait le fier, il fait le fort.
Il rit de folle adolescence.
J’ai envie de lui faire rentrer ce rire au plus profond de la gorge.
Me reviennent alors, comme des chocs, comme des chutes, les images de cette aube fondatrice, de ce premier matin du monde, lorsque nous avons unies nos grâces dépareillées au sortir d’une nuit aussi liquide et translucide que la vodka qui lentement coulait son flux froid dans nos veines. Un café et une orange pressée dans un bar sur le port tandis que les serveurs lavaient les terrasses au jet. Une ancienne rengaine de Pupo à la radio, « Su di noi, encor’una volta, dai, su di noi … ». De grands bateaux à quai et l’absence presque totale de vent.
Il n y avait pas beaucoup de lumière, pourtant Chris rayonnait, cuirassé d or et d’enfance.
Se pourrait il qu’il se souvienne de notre promenade dans le dédale du Sottopiazza déserté par les fêtards, de nos corps s accordant au rythme d’un pas égal ; de nos visages argentés se reflétant l' un l' autre; de nos yeux phosphorescents et maladifs trouant l’obscurité projetée par l’escalier sous l’arche duquel nous nous étions réfugiés.
Moi, je garde la mémoire encore assez émue des lèvres de Chris, presque dures dans mon cou ; sur ma bouche, soudain, vivantes et avides ; des mots qu’il prononça juste après le baiser : " Je crois que nous allons avoir une bien belle fin d’été.»
L’été de tous nos possibles est terminé, nigaud, voici venir l hiver de nos désillusions.
« Mauvaise . Graine », figure de fifre, arrête donc de te pencher sur ton passé, tu vas tomber à la renverse ; arrête donc de gâcher ton quotidien à coup de petites cruautés inutiles comme on plante des aiguilles dans une poupée vaudou et puisque l envie te prend de faire un crime ; cours, vole, sauve toi, sauve le.
Que diras tu aux juges lorsqu’ il faudra raconter, expliquer, mentir encore, mentir toujours ? Christophe avait cessé de me ressembler ? Christophe commençait à me ressembler ?
Hélas, on ne coupe plus la tète aux pauvres fous.
Mais enfin, qu’attends-tu de cet amour puisqu’il est médiocre ; puisqu’ il manque d élan, de flamme, de souffle ?
Il te gène cet amour, il t’embarasse, il te pèse. Il est aussi naïf et maladroit qu’un dessin d’enfant.
Rassurant , cependant , il te dit qu’ à presque 30 balais consumés tu es encore capable d’ enchanter les rêves Brocéliande d’ un plus jeune que toi , d’ un plus beau que toi . Il farde d’un doigt d’aurore ton masque exsangue de noceur ; il enlumine ton orgueil de volutes dorées, il charme ton corps rompu pourtant à toutes les indécences, il s’échoue aux douves de ton cœur forteresse.
Pourquoi Chris a- t- il soudain, alors qu’il se détourne de son écran, ce sourire vague, incomplet, trébuchant sur l’arc souple de ses lèvres avec la grâce hasardeuse d un début de sanglot et que j’aime beaucoup ?
« -C’est quoi déjà le nom complet de L.A ? Me demande t il.
Je grommelle pour la Nième fois :
« -Pueblo de Nuestra Señora la Reina de Los Ángeles del Río de Porciúncula
Chris frappe son front du plat de sa paume.
« -Putain, c’est trop naze un blaze pareil ! Jamais je ne le retiendrais. Et même si je le retiens je n’arriverais pas le prononcer.
Je ramène sur mon sexe en déconfiture les plis d’un drap malmené par nos ébats.
« -On s’en branle, Christophe. JE m’en branle. Tes clients s’en branlent. Tout le monde s’en branle.
Aimable la « Mauvaise . Graine » à 5heure du mat, lorsque quasiment à sec de sperme mais point d’idées salaces elle espère tirer sa dernière crampe avant le passage du marchand de sable.
Et pendant ce temps, au lieu de lui mignoter la friandise, à quoi s’occupe « l’unique objet de son ressentiment » ?
Croyez-le ou non il surfe sur la toile.
Pas même sur des sites de cul, pauvre malheureux.
« Le blog d’un trou à jus », « Le journal d’un sac à foutre », « Les mémoires d’un glory hole », « Xtube », « Porntube » ; pas le style de la maison.
Que diantre ma chère, nous sommes à Monte Carlo, quartier de Fontvieille, non loin du port Hercule-deux-qui-le-tiennent-et-personne-qui-l’-encule ! Restons chics, restons dignes.
Du reste je gagerais qu’en principauté même les ordis sont fliqués.
Envie d’extases virtuelles ? Que nenni mon ami, accès interdit, ordre de Son Altesse Sérénissime Maroline de Conaco !
Liberté, liberté chérie !
Mais trêve de digressions ! Que croyez vous qu’il fasse tandis que ma bite mollit, le choupinou favoris de mes noix de Cajou ?

IL REVISE !

Le programme de son prochain contrat !
Los Angeles, California !
Le « Hollywood Babylon Tour », attrape blaireaux inscrit au catalogue d’un Tour Operateur concurrent de celui qui m’emploie.
Je vous jure, on colle cette scène dans un film, le scénariste a intérêt d’aller se planquer à Bikini, sinon c’est un homme mort !
Pleurez Margot ! Ma vie sexuelle est un désert, ma vie sexuelle est un désastre !
Voilà sans doute pourquoi, j’écris autant de conneries !

30/12/2008

30/12/08 - 18:05

Paris .



Je suis né à Paris ; j’y ai grandi.
Partout dans la capitale je me heurte à des images, des souvenirs, des regrets aussi.
Partout des parfums viennent me parler du passé. Une essence de Guerlain sur un manteau qui vous frole,une odeur de vieux cuir à l'interieur d'un taxi, les éffluves d'un vin chaud à la canelle au coin du comptoir , "Chez Georges" , rue des Cannettes ,l'odeur acidulée des berlingots que l'on achetait dans les petites cahutes de bois vertes du Luxembourg.

Paris de mon enfance entre le boulevard Exelmans ou nous habitions alors (David était notre voisin) et le parc Monceau ou résidaient mes grands parents et les trois jeunes sœurs de mon père.
L’ambiance à la maison était à la guerre des nerfs. Mes parents ne s’aimaient plus ; à supposer qu’ils se soient aimés un jour. Aux périodes de silence hostile succédait le terrible fracas de leurs dernières disputes. Tout cela ne m’empêchait pas de dormir puisque je ne les avais jamais connus autrement que dressés l’un contre l’autre, échangeant les sarcasmes, les piques au vitriol, les coups bas.
En revanche, parc Monceau, l’atmosphère était aux rires, à l’impertinence, au joyeux bordel. Mes tantes, toutes blondes comme des soleils de Crimée , belles, légères, insolentes, avaient alors entre dix sept et vingt ans. Elles poursuivaient de vagues études qu’elles ne rattraperaient jamais , préférant enchainer les cœurs sans se soucier de les écharper , sous le regard complaisant d’un père qui leur prodiguait toutes les indulgences et celui toujours vaguement mélancolique d’une mère qui pour avoir fait se pamer tout Paris en son temps , retrouvait dans leurs folies le goût perdu de sa propre jeunesse . Les fiancés défilaient comme en un quatorze Juillet perpétuel. De gentils voyous pourvoyeurs d’herbes magiques, des fils de famille bien coiffés, des étudiants un peu débraillés, des acteurs faméliques, un peintre qui ne peignait que des culs et tant de pianistes que l'on aurait put croire les trois gracieuses toquées des coulisses de Playel. Du reste, on ne savait jamais très clairement qui était avec qui, tant les trois « demoiselles avec ou sans ailes » comme elles se qualifiaient elles mêmes, mettaient de malice à se chiper, se prêter, s’échanger leurs amoureux respectifs.
Le dimanche, lorsque le temps le permettait, nous déjeunions dans le jardin, au grand dam des voisins assourdis par le vacarme de volière qui régnait sous les tilleuls. Nous parlions tous en même temps sans prendre la peine d’écouter ce que racontaient les autres et ne consentions à nous taire que lorsque le pianiste du moment s’installait devant le demi-queue du salon. (il y avait toujours, parmi les convives, au moins un pianiste, et si par extraordinaire nous manquions d’hommes aux doigts d’or, papa s’y collait non sans s’être ,au préalable , fait copieusement prier ) Chacune des « demoiselles avec ou sans ailes » réclamait alors sa pièce favorite. Liouba, l’ainée, ne jurait que par la « Manon » de Puccini et l’aria « Sola, perduta, abbandonata » de l’acte IV. Stassia la cadette préférait « la suite Bergamasque » de Debussy, dont le prélude tout en contrastes tranche avec l’humour du second mouvement et l’exquise tendresse du « clair de lune » qui lui succède. Enfin Sasha, la benjamine, n’avait de cesse qu’on ne lui jouât SON Tchaïkovski, à savoir l’Allegro non troppo e molto maestoso du concerto n0 1 pour piano et orchestre.
« Mauvaise . Graine » quant à lui , plus habitué à la variété saturée de synthés des Golden 80th , écoutait ces merveilles d’une oreille maussade tout en se gavant d’Ouzvar de fruits séchés , sorte de compote très liquide à base de pommes , de poires , de pruneaux, de cerises et de raisins secs ; et de Kissiels de lait à la cardamone, dessert utilisant la fécule de pomme de terre dont la consistance élastique et gluante ainsi que l’aspect louchement translucide aurait dégouté plus d’un gourmet ; tant et si bien qu’il ne se passa pas un Dimanche sans qu’on le ramena vomissant tripes et boyaux , boulevard Exelmans.

Paris de mes premières sorties : le « Queen » alors temple des nuits gays , l’ambivalence des bains à l’époque des Guetta , le « Man Ray » ou il arrivait qu’on croisa Johnny Depp , les « Moscow’s mists » , mélange écœurant de lait et de vodka que l’on buvait dans de longs verres givrés , les quêtes désespérées aux dealers qui nous amenaient , intrépides , inconscients , aux confins de Stalingrad , surnommé « Superdrog » puisqu’il était possible de s’y procurer toutes les saloperies illicites possibles et imaginables , les retours en taxi d'improbables banlieues , si saouls que l'on mettait souvent plus de dix minutes à donner son adresse au chauffeur .

Paris de mes premières amours , une garçonnière rue de Verneuil , des baisers sur un quai de Seine , une étreinte sous une porte cochère du boulevard de Rochechouart , une rupture gare de Lyon ( « si tu prends ce train , tu ne me reverra jamais ») , un diner aux chandelles qui tourna au pugilat dans un resto proche de la rue de Turbigo , de la pluie et des larmes sous les marronniers de la place Dauphine……

Paris, mon Paris, moi qui suis citoyen du monde et dans le fond si peu Français. Un Paris que je fantasme. Un Paris que je n’ai pas connu. Un Paris en noir et blanc et cinématographe. Celui de Janson, celui de Prévert, le Paris d’Audiard.
Paris, une femme flânant sur le boulevard du crime, distinguée et familière, si Parisienne. Un peu Avenue Montaigne, un peu Courbevoie.
Intense et grave comme une toile de Van Drongen ; elle ne ressemble pourtant qu'à elle même. Poétique, voici le mot, étrangère au paradis, indifférente à l'enfer ; elle n'est pas belle, elle est vivante. On la devine amoureuse de l'amour plus que des hommes, ignorant le péché puisque " c'est tellement simple l'amour ». Simple comme bonjour, aimez moi, adieu. Simple comme une valse chaloupée sur trois notes, trois pas, trois battements d'un cœur que rien n’affole. Simple comme le regard clair de ses yeux noirs qui ne voient pas le mal.
Arletty ! Lady Paname !
Paris, une chanson. Un duo. Catherine Deneuve et Malcom MacLaren.
« Saupoudrez pour finir de poussière de métro mais n’en prenez pas trop »

30/12/08 - 09:51

Nous irons à Monte Carlo.



Ainsi va la vie, incertaine, déroutante, chaotique.
Alors qu’il y a peu je pleurais comme une vieille madeleine trempée dans un thé trop chaud, tandis qu’aux enceintes de mon salon, deux divas Québéquoises s’affrontaient à coup de hurlements inhumains laissant probablement croire aux alentours que « le cinglé du 3eme gauche » se livrait à des expériences vétérinaires aussi cruelles que barbares sur une armée de félins en chaleur ; me voici à présent aussi gai et primesautier qu’un petit enfant à la veille des grandes vacances.
C’est sans doute cela l’âme Slave : rire aux éclats tandis qu’on s’étouffe dans ses propres larmes.
Vous vous doutez bien que ce changement radical d’humeur n’est pas le fruit du simple hasard et, qu’évidement, un homme en est la cause.
Et quel homme !
Toujours le même au demeurant, Chris le sublime, le magicien ; Chris l’alchimiste, l’affabulateur ; Chris unique objet de mes obsessions intimes ; Chris source de mes plus grandes joies comme de mes plus rudes navrances ; Chris tout juste rentré de son escapade Marocaine, bronzé comme un gitan ; clair regard d’or vert et sourire blanc ; Chris qui négligemment et sans avoir l’air d’y toucher laissa tomber dans le crépuscule ambré d’une chambre d’amour dévastée , une petite phrase d’apparence bien anodine quoique susceptible de révolutionner à jamais l’horizon imprécis de notre relation.
« - J’ai pensé que si tu n’avais rien de prévu pour la Saint Sylvestre, tu pourrais peut être me rejoindre à Monte Carlo chez mes cousins. »
Hiroshima mon amour !
Atomisée la « Mauvaise . Graine », réduite en cendres, en poussière d’étoile.
Si ma jambe malade ne me l’avait interdit je me serais sur le moment volontiers livré à une danse tribale d’action de grâce à toutes les idoles connues ou inconnues de l’univers.
Vous allez me dire qu’il n’y a pas là de quoi pavoiser et qu’il est sans doute normal de passer les fêtes en compagnie de son boy-friend ; ce à quoi je répondrais que Chris n’est justement pas mon boy friend, ni à titre officiel, ni à titre officieux et que le propre de notre liaison est justement de refuser toute tentative de définition.
Bref, on baise lorsqu’il nous en prend la fantaisie, point à la ligne.
Ceci explique pourquoi cachant soigneusement ma joie, j’ai fait ma mauvaise tête et la fine bouche.
« -bof, tu sais moi, Monte Carlo, je n’en suis pas très fan…. » ais je dis avant de me lancer dans une mercuriale confuse enfilant tous les clichés inhérents à un « Monaco-Monacul-Monafric » pour tabloïds américains : princes fantoches , princesses agitées du berlingot, vieilles peaux ruisselantes de pierreries , gigolos Italiens , mafieux russes , étalage indécent d’un mauvais gout digne des soaps boursoufflés des années 80 , flicage systématique du péquin ordinaire, paradis fiscal pour retraités trentenaires , top model ou champions sportifs .
Très justement Chris m’a fait remarquer qu’il ne me proposait pas de prendre la nationalité Monégasque mais simplement de passer deux jours de fêtes en principauté ; que si je n’avais pas envie de l’y rejoindre rien ne m’y obligeais et que je pouvais tout aussi bien aller me faire enculer dans les sous sols du « Dépôt » jusqu’à l’année prochaine ça lui était bien égal !
Sur ces paroles raffinées le prince de mes deux est parti en claquant la porte me laissant gros-jean comme devant.
Depuis je me tâte : ira, ira pas ?
Enfin , je me tâte , façon de parler , puisque Monte Carlo j'y suis déjà!

En bonus la quintescence du bon gout Monégasque.

29/12/2008

29/12/08 - 10:47

De l'influence des crânes rasés sur le comportement des Marguerites....




Docteur, il faut que je vous dise ....Ah, flute, ce n n’est pas facile !
Il faut que je confesse, il faut que j avoue une perversion sexuelle aussi rare qu’embarrassante .......
Je bande pour les cranes rasés, les chauves, les tifs tondus, les boules à zéro, les têtes de bagnards.
C est grave, docteur ?
Dès qu’un déplumé du bulbe s’inscrit dans l angle mort de mon champ de vision, survient toujours le même phénomène inexplicable et dérangeant : mes sous vêtements rétrécissent.
Si, si, je vous assure, ne sortez pas les électrodes, mes boxers, slips ou shorties deviennent subitement trop étroits.
Beaucoup trop ètroits.
Mais il y a pire ! Il peut m arriver d oublier d en porter, des sous vêtements, vous savez à quel point je suis tête en l’air, ce sont alors mes jeans qui brutalement me martyrisent les....et le ....
C est grave docteur ?
Je ne sais pas d ou cela provient mais un mec banal, au crane rasé, me fera toujours plus d’effet qu’une beauté fatale à la chevelure lustrée. Bref, moins il y a de poils sur le caillou-bijou-joujou, plus il y aura de substantifique moelle dans mes calbutes.
J’ai honte, docteur. Je crains d être anho(r)mo.
Ah, on dit anormal, autant pour moi !
Dès l’enfance, j éprouvais une excitation totalement anachronique lorsque mon grand père m’emmenait chez son coiffeur, un Figaro à l ancienne qui rasait encore au coupe chou et dont le salon embaumait la brillantine et l huile de lavande. J espérais chaque fois qu’il y aurait du monde pour le plaisir indicible de voir les tondeuses d acier mordre les nuques épaisses, les cheveux sacrifiés s ébouler en plumetis sur la blancheur incandescente des peignoirs, ces rougeurs qui ressemblaient à mes émois fleurir sur les cous dénudés.
Bizarrement, les hommes de ma vie, furent presque sans exceptions, chevelus. Fatalement, aucun d entre eux, n accepta de sacrifier ses boucles rebelles sur l autel de mes fantasmes équivoques.
Pire, chaque fois que je séduisais un rasé, l’excès de mes ardeurs changeais illico l’eau de rose en eau de boudin.
« _Euh, excuse moi, mais je ne crois pas que ça va le faire. T’es un peu trop avide comme mec !
Je vie depuis toujours en contradiction ; mes histoires d amour portent des perruques grand siècle, mes fiascos ont le crane aussi lisse que bonzes de jade.
C’est grave docteur ?

28/12/2008

28/12/08 - 10:16

Viens à la maison.....



Rentrer chez moi, même si je n’en suis parti ni pour bien longtemps ni bien loin, me procure toujours un plaisir intense. Lorsqu’on voyage aussi souvent que mon métier m’oblige à le faire, on besoin d’un point d’attache, d’un point d’ancrage. On a besoin de racines autres qu’organiques, autres que familiales, autres que celles enchevêtrées dans le terroir ou croissent ces longues amitiés qui, en dépit des bourrasques, perdurent.
J’aime l’idée de « La Maison », qu’elle soit studio ou château. Je sais, et cela me rassure, que je ne quitterais pas de sitôt l’appartement que j’occupe actuellement .Peut être même ne le quitterais je jamais. Je l’habitais déjà avant mon exil Romain, et si d’autres y ont vécu durant mon absence, ils n’y ont pas laissé de traces assez profondes pour que je m’y retrouve dépaysé à mon retour.
C’est très éclectique chez moi. C’est un peu, disons, le bordel, non au sens du désordre, du chaos, mais par un mélange de styles qui fait que, finalement, ma maison ne peut prétendre à aucun style au sens pur et dur du terme. Du reste, je ne recherche pas plus l’équilibre en matière de décoration, que je ne le recherche dans mon quotidien émotionnel. J’ai pour habitude de dire que mon chez moi n’est pas décoré mais encombré. Surtout il est habité ; habité par moi. Et aujourd’hui, comme hier la griffe que j’y impose – a moins qu’elle ne s’impose d’elle-même – ne cesse de me surprendre. Il est vrai que souvent, la combinaison d’objets d'époque et de style différents débouche sur des mariages beaucoup plus heureux que les mariages évidents du bon gout, du bon ton.
Pour résumer, je vie dans un décor « art déco-japonisant » auquel je suis attaché plus que je ne le devrais. J’essaie cependant de ne pas laisser les choses, les objets exercer trop d’influence sur moi. Elles m’apportent évidement un certain bien être, mais en parfait vagabond, en nomade, en bohémien, je redoute qu’elles ne finissent par m’entrainer vers une forme d’esclavage, de sédentarisation qui, peu à peu, insidieusement prendrait le pas sur l’appel du grand large.
De plus ma relation à un objet n’est jamais une relation à sens unique. Souvent l’objet me procure du plaisir, mais il arrive aussi qu’il me contrarie ou pire qu’il me contredise.
Le plus curieux, lorsqu’on me connaît un peu, est de constater qu’en matière de décoration, je suis toujours allé dans la même direction. Par exemple, je possède une armoise chinoise qui vient de chez un grand antiquaire. Une très belle armoire, XVIIe siècle.
L’acquérir fut une réelle folie ; de celles qu’on s’autorise à vingt ans lorsque l’acte précède de longtemps la réflexion.
Par testament, mon grand père m’avait laissé quatre sous afin de m’aider à terminer mes études ; je les ai sans hésitation investis dans cet achat disproportionné. Qui plus est la bricole n'allait pas du tout dans l’ appartement moderne que j’occupais à l’époque. Mais comment résister à un coup de foudre lorsqu’une simple étincelle suffit à vous faire partir en torche ?
Elle m'a toujours suivi depuis cette armoire. De la rue d’Aboukir à la rue de V. ; de la rue de V. à la Via Gregoriana ; pour revenir encore rue de V.
Dans la famille nous l’évoquons comme l’héritage de papy. Du reste, papy ne m’en aurait probablement pas tenu rigueur. Personne mieux que lui ne savait à quel point je peux me montrer déraisonnable.
L'objet d'art a toujours fait partie de ma vie.
Depuis longtemps.
Très jeune j'allais déjà fouiner aux Puces. Et à choisir, je prenais toujours un objet ancien.
J'aime le plaisir de découvrir. Je soupèse, je palpe, je renifle, je trouve, je repose ou j'emporte. J'ai une relation physique avec les choses. Si j'aime toucher une poupée ancienne, c'est parce que, grâce à elle, je m'invente des souvenirs qui appartiennent à d'autres et des regrets sur le temps qui file. Derrière son sourire statique et irréel, la poupée me fait aimer ceux qui l'ont créée.
Ma prédilection va surtout au XVIIIe, méditerranéen, provençal même. Les meubles peints, ou de la Haute Epoque, les teintes chaudes un peu passées. La maîtrise de la matière des œuvres anciennes m'émeut mais certains objets industriels, des années cinquante par exemple, arrivent aujourd'hui à me toucher tout de même un peu. Avant, je ne les aurais même pas regardés. L'œil s'habitue si vite à la nouveauté, à la mode.
J'apprécie beaucoup l'art déco et l'art nouveau. Je suis également très sensible à l'art oriental. Certaines pièces japonaises me plaisent énormément.
En revanche, chez moi, vous ne trouverez pas de ces bouquets " ikebana "que l’on voit dans quasiment tous les décors Japonisants. Je préfère composer moi même d'énormes bouquets de roses anciennes, d’iris, de zantedeschia, de bâtons de haute Cannelle que je place dans des vases marocains...Ceci sans aucune prétention artistique. Je le fais vraiment pour moi et mes amis. Mais avant tout pour moi, égoïstement je dois bien l’avouer.
Vous n’y verrez pas non plus de photos en raison du rapport particulier que j’entretiens à l’image. Moins à la mienne du reste qu’à celle de mes proches. Les photos des gens que j’aime, je les conserve dans des endroits cachés, à l'intérieur des portes. Je refuse l’idée que nous soyons regardés comme des images faisant partie du décor, faisant décor.
C’est peut être pour cela que je ne publie sur ce blog que des photos, qu’elles me représentent ou non, retouchées, revues et corrigées, déviées.
Présenter mon image ou celle des personnes ayant joué un rôle dans ma vie, de manière frontale, crue, nue me serait d’ailleurs tout à fait impossible.
Vous l’aurez compris, la décoration de mon « chez moi » tient une place importante dans ma vie et ceci aussi loin que je me souvienne. Lorsqu’à dix huit ans j'ai eu mon premier appartement, avant même d’y déposer une chaise, je suis allé acheter des fleurs à Baltard. Cependant, je ne considère pas la décoration comme un art de vivre, mais plutôt comme une façon de vivre.
Une façon de vivre qui englobe beaucoup de choses, tant je suis très attirée par de nombreux domaines. Le shiatsu m'intéresse, par exemple. Il touche au corps, en profondeur autant qu’en surface. J'en ressens un résultat profond, assez durable. Mon maître shiatsu m'a expliqué que j'avais la chance de posséder une nature énergique. C'est ce que j’appelle la "chance des gènes», cette énergie vitale insensée dont bénéficient tous les membres de ma famille : une énergie qu’il m’arrive hélas de trop souvent gaspiller.
D’ordinaire, les personnes attirées par les "choses asiatiques" ont le goût du pur, du dépouillé. Or moi, j'aime le baroque de Saint Laurent, j'aime le shiatsu, j'aime l’opulence.
Opulence et simplicité seront donc au menu ce soir, puisque j’ai pour habitude de convier mes amis les plus proches à un réveillon intime dans les jours qui suivent Noël. Le traiteur Thaïlandais que j’ai consulté m’a suggéré une cuisine légère, délicate et parfumée. Il servira des cailles rôties aux épices, une salade de mesclun au tourteau frais, des brochettes de poulet et crevettes sauce Satay, des rougets grillés au Gingembre et du Sticky rice au lait de coco accompagné de mangues.
Comme disait l’autre : « Bon appétit Messieurs, conseillers intègres, ministres vertueux ».
Seul bémol, nous ne serons que huit alors que j’ai commandé pour neuf (bêtement, j’avais espéré la présence de Chris).
L’un d’entre vous veut il se joindre à nous ?
Promis, je ne mords pas ; je suce!

27/12/2008

27/12/08 - 10:49

Sérénade à trois.


J’ai reçu cet après midi, la visite surprise, d’un garçon plus qu’agréable à regarder, intelligent, subtil, drôle, cultivé ; un garçon que je connais depuis suffisamment peu de temps pour qu’il me manifeste, en lieu et place de cette condescendance amusée que me réservent mes anciennes relations,des sentiments extrêmement chaleureux.
Nous appellerons, en toute simplicité, ce jeune et brillant apprenti scénariste/réalisateur, Truffaut.
J’avais rencontré Truffaut au cours d’une soirée donnée par le père de David en l’honneur d’une vieille actrice chancelante car plus intéressée par le whisky que l’on servait au litre que par les oraisons, déjà funèbres, psalmodiées à sa gloire.
Truffaut, probablement aussi saoul que l’aïeule du cinéma Français, m’avait abordé d’une boutade.

« Ces fichus acteurs ne savent décidément pas réussir leurs sorties. Vous ne pensez pas qu’ils devraient accepter les hommages avant qu’il ne faille trois personnes pour les extraire d’une limousine ? »

Troublé par la beauté lumineuse de cet inconnu ,j’avais rit un peu trop haut- un vrai hennissement de jument menée à la saillie- ; or si l'on en croit un antique dicton Ukrainien que j'invente pour l'occasion , « Homme qui rit, à moitié dans ton lit. ». Soyons honnête, il n'aurait pas fallu me pousser beaucoup pour que je case les deux moitiés de ma grande carcasse dans le lit du bel impertinent s’il ne m’avait confié dans la foulée , être en ménage depuis des années avec un psy bien connu sur la place de Paris pour ses écrits filandreux sur la grave question existentielle du « pourquoi les homos aiment la bite ? ».

(Parce que c’est bon, connasse ! Pas besoin de nous en torcher trois cent pages à la mords moi le chose les soirs de pleine lune)

Bref, sans trop de fleurs de rhétorique, Truffaut me laissa entendre que son penseur de mari et lui-même se seraient de bon gré partagé la mienne de bite, à condition qu’il y ait sur l’os, suffisamment de viande pour deux.
Que la tronche du conjoint me revienne modérément m'incita moins au refus que le malaise - cette gène handicapante que l'on ressent lorsqu'on sait être au mauvais endroit au mauvais momment- que j'ai toujours éprouvé à m'immiscer dans l'intimité sexuelle de couples depuis longtemps constitués; aussi déclinais je cette généreuse proposition en perpétrant un mensonge si énorme que même Clara Sheller n’eut osé le commettre.

« - Désolé jeune homme , je ne suis pas un adepte des plans.
"- Comme ça tombe mal ! Saurais-je m’en remettre ?
"-Très facilement, j’en suis certain. Du reste on ne doit pas souvent te dire non.
"- Bien trop souvent à mon goût.
"- Es tu donc si gourmand ?
"-Es tu donc un tel ascète ?
"- Non , mais j'ai du mal avec les garçons en couple.
"-Tiens donc ! Et pourquoi les garçons en couple seraient ils plus dangereux que les autres ?
"- Peut être parce que je craindrais de m'attacher à l'un plus qu'à l'autre.
"- Donc le danger vient de toi , pas du couple ?



Notre duel à fleurets mouchetés tourna court grâce à l’intervention de David, lequel me devinant en mauvaise posture, m’entraîna, sous un prétexte fallacieux, à l’autre bout du salon.

Par la suite je croisais régulièrement Truffaut et son compagnon dans des soirées ou dans des bars. Nous échangions alors quelques platitudes sur un ton mondain de conversation sans qu’il ne soit jamais question de parties fines ou autres ribauderies.
Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes jusqu'à ce qu'un Truffaut affable et souriant se pointe à mon domicile tel un roi mage qui se serait trompé d'étoile,avec en guise d'offrande des chocolats blancs et des macarons roses. Il venait, dit il, d’apprendre mon accident et me sachant cloîtré chez moi, il s’était permis d'agrémenter ma convalescence de quelques douceurs.
Si vous pensez qu'il faisait par là allusion aux merveilles de chez Ladurée qu'il apportait , je me garderais de vous contredire mais à mon humble avis vous seriez dans l'erreur.

Du reste mon aimable corrupteur dévoila ses intentions dés les politesses d’usage expédiées.
« - Alors, on se marie quand tous les trois ?
Bien qu’enrobée d’un sourire sur la grâce duquel Saint Pierre eut ouvert à deux battants la porte du royaume des cieux au plus tribard des sodomites,cette question me fit l’effet d’une provocation délibérée.
« - Jamais ! Ça te va comme réponse ou tu veux que je développe ?
Truffaut esquiva le coup de griffe d’un rire insolent.
« - Oh ça va, ne me joue pas les Bossuet ! Madame se meurt, Madame est morte, Madame est outrée ! Que veux tu, je suis un sentimental moi, pas un romantique ! Est-ce ma faute si je m’exalte pour toi ?
« - Je préférerais que tu t’exaltes pour ton copain.
Nouveau rire moqueur, à croire que pour Truffaut je pouvais bien employer tous les mots du dictionnaire , ce serait toujours pour dire une connerie.
« - Mais je peux m’exalter pour beaucoup de monde. Je ne recherche pas l’exclusivité.
Il m’expliqua alors, détachant soigneusement les mots pour que l’attardé que je suis en comprenne bien le sens, qu’il ne croyait pas plus en l’amour qu’il ne croyait au couple. Il considérait d’ailleurs le mot « Amour » comme un maître mot assez vide de sens, un mot fourre-tout que l’on utilisait lorsque l’on ne savait pas qualifier ses élans, ses emballements. Il ajouta qu’il n’avait pas non plus une très belle opinion du couple à deux qu’il considérait comme un modèle social unique et oppresseur ; qu’il existait des formes bien plus constructives de « vivre ensemble » , que je n’était qu’un imbécile de n’avoir rien compris au film , qu’il me proposait non pas un plan à trois mais un « ménage » à trois , lequel ne se définissait pas comme une addition « 2+1 » mais comme un véritable partage à trois dans lequel les fluides circulaient dans tous les sens .
Bref , bien si j'ai bien saisi; et malheureusement lorsque j'ai compris quelque chose on pourrait m'ouvrir le crâne en deux que je ne comprendrais pas le contraire ;il s’avérait que Truffaut et son psy sortaient d’une histoire de plusieurs mois avec un troisième larron lequel avait pris la tangente de peur d’être « trop amoureux » , laissant les deux compères dévastés quoique bien décidés à reformer au plus tôt « une association de bienfaiteurs » en forme de triangle isocèle , triangle dont j’avais été élu pour constituer le coté manquant .

J’en restais sans voix et je l’avoue vaguement apitoyé.

Je n’imaginais pas que l’on puisse se sentir aussi seul dans son couple, que l’on soit obligé de reporter son amour ou sa frustration d’amour sur un objet commun extérieur.
Pimenter ses ébats sexuels en y invitant un nouveau venu ne me choquait pas, même si ma terrible jalousie m’interdisait de passer par une telle échappatoire (un mec qui oserait sous mes yeux toucher à l’intimité de l’homme que j’aime, mais moi, je le tue, je l’étripaille, je l’atomise, je le volatilise dans Paris façon puzzle !) ; en revanche , je refusais de me laisser utiliser , manipuler , réduire à l'état d'obscur objet du désir par un couple flageolant.
En d’autres temps, en d’autres lieues, sans doute aurais je conseillé vertement à Truffaut d’aller se faire sodomiser par "Queue-d'ane" en place publique. Hélas , depuis mon accident et la quasi solitude qu’il m’impose , je me sens plein de compassion pour mes semblables , à croire que plus la vie est moche plus le cœur est bon .
J’ai donc dit à mon vis-à-vis que je ne me sentais pas au coeur suffisamment d'amour à donner pour m'épanouir dans une liaison plurielle mais qu’en revanche je le trouvais , lui, assez séduisant pour envisager , le jour ou il serait libre……
Il ne m’a pas laissé terminer ma phrase.
« - Voilà un horizon bien lointain.
Je me suis demandé s'il n'aimait pas sincèrement le psy lorsqu’il a ajouté, d’une voix étrangère, déjà en partance :
« -Tu devrais pourtant le savoir, toi, que Rome ne c’est pas défaite en un jour.

26/12/2008

26/12/08 - 10:01

Petit conte défait.


Puisque nous sommes en période de Naouelle (Fête mercantile vous obligeant à claquer un pognon fou pour déplaire un peu plus à toutes les personnes que vous aimez détester ; lesquelles vous fourgueront en échange d’une merde de bon gout, une bouse que même Kamel Ouali trouverait vulgaire et qu’à défaut de refiler à votre meilleur ennemi puisqu’ange de pureté , de grâce , de béatitude vous n’avez pas d’ennemis ,vous tenterez désespérément d’échanger contre le merveilleux seau à champagne Clicquot-Globalight , d’une valeur chers téléspectateurs de 4500 euros, dont vous rêvez) je m’en vais vous raconter un petit conte défait absolument, totalement véridique que j’ai imaginé avec 4 grammes d’alcool dans le sang afin d’égayer la fin vaguement dolente d’un festin saturé de graisses animales.

Il était une fois une créature de rêve et d’illusion nommée « Mauvaise . Graine »
Outre des qualités morales évidentes qu’il serait long et fastidieux d’énumérer ici, cette « Mauvaise . Graine » s’était vue dotée par Aphrodite sa marraine, d’une plastique si avantageuse que l’on ne pouvait la contempler sans aussitôt chavirer dans un océan de pensées éminemment luxurieuses.
Un teint de lys, des lèvres d’églantines, un regard d’océan, des cheveux …. Oublions les cheveux.
La Perfection faite tapiole.
C’est bien simple à coté, Brad Pitt ressemblait à Garcimore.
J’avoue que si la chance m’avait été donnée de croiser ce chef d’œuvre de symétrie je l’aurais dragué, sodomisé et épousé, tout cela sans même me demander la permission.
Du coup, super jalouse de cette beauté évanescente (et un peu vénère aussi parce que « Mauvaise . Graine » lui avais piqué son mec un soir de défonce), une fée cathodique, rendue très vilaine par l’apparition de méchantes rides au coin de son œil fourbe et la fréquentation d'une ancienne belle de jour flétrie sous le soleil d’un diable borgne, lui jeta un sort de la mort qui tue.
« - Tu fais ta maline saleté de « Mauvaise . Graine » ! Genre je suis l’homme qui ne dort jamais, lalalaire ! Le jour je vie, la nuit je fais la vie, je hais le mouvement qui déplace les lignes et jamais je ne pleure et jamais je ne ris ! Et bien je te condamne à subir ce que tu détestes le plus au monde ! Mais non, pas niquer des morues, pauvre idiote, même ma méchanceté connaît ses limites ! DORMIR ! Tu vas dormir chienlit de popov ! Et pas qu’un peu ! Cent ans et quatre dimanches ! Tu deviendras rêve de pierre et seul le baiser d’un prince charmant aura le pouvoir de te ramener à la vie !»
Juste avant de sombrer dans un sommeil eternel « Mauvaise . Graine » songea que cette fée là était décidément bien conne puisque dormir longtemps et paisiblement était justement ce qu’il lui manquait pour dissiper ces ombres fâcheuses venant parfois ternir l’éclat de son masque de marbre ; puis elle s’avisa qu’au royaume des pédésexuels, les princes charmants subsistaient aussi rares que roses pimprenelles aux chemins de Damas, et qu’en somme, elle n’avait pas fini de pioncer.
Heureusement pour la suite de notre histoire , il s’avéra que la Rolls Silver Ghost conduisant le jeune et viril héritier d’un obscur fief d’outre Manche au chevet de sa promise, alitée pour cause de diarrhée persistante , se trompa de route et vint s’immobiliser avec la majesté inhérente à un tel attelage devant le pavillon de stuc tout entullé de Parme au cœur duquel ,plus apprêtée qu'infante en Escurial , gisait notre héroïne.
Le prince qui pour paraître à son avantage négligeait ce soir là de porter ses lunettes, ne s’avisa pas immédiatement de la méprise.
« -Fucking good lord ! s’exclama t il pourtant en découvrant la créature endormie sur la courtepointe de satin rose-nacré d’un lit Pompadour, j’avais, certes, imaginé que ma promise aurait l’anus dilaté par ses fréquents séjours sur le trône, mais point qu’il lui serait poussé tant de poils au menton. »
Puis, sans plus se poser de questions,la très souriante Altesse effleura de cette lèvre légèrement prohéminente qu'elle devait à son hérédité Hasbourg, la bouche corail de « Mauvaise . Graine ».
Le charme aussitôt rompu, notre sirène du Topol ouvrit des yeux immenses quoi que légèrement vitreux.
« - Ou suis-je ? Ou vais-je ? Dans quel état j'erre ? Quel enfoiré a mis du GHB dans mon verre ? couina t elle tout en effleurant d’une palluche pâmée son front de neiges.
Puis reconnaissant le prince charmeur dont elle découpait soigneusement toutes les photos dans « Point de vue » , elle se dressa sur son seant si brutalement qu'elle en attrapa le tournis :
« -William d’Angleterre ? ‘Tain j’hallucine ! C’est le Noël des miséreux ou quoi ? Sainte Rita patronne des travelottes, merci, merci, merci ! Je suis toute à vous Billy-Boy ! Vous permettez que je vous appelle Billy-Boy ?
Epouvanté par le timbre ténébreux et le regard lubrique de la chose, le prince reculait vers la sortie, une main protégeant ses bijoux de famille, l’autre la raie de son auguste derrière.
« - Bloody hell, songeait il, ce truc est encore plus Queen que mamie. Mais dans quel guêpier me suis-je donc fourré ?
Privée de galipettes depuis un siècle , « Mauvaise . Graine » sentait poindre sous les pampres et les mousses de ses atours , outre la raide majesté d’une bandaison à étonner les princes;des envies de voyages au long court, d'extases Vénitiennes , de raffinements Japonais, de sévices Britaniques.
« -Allons Billy Boy, ne sois pas timide ; s’impatienta t elle. Viens t’asseoir près de maman, elle va te montrer son sceptre !
« - Mais je ne suis pas timide, s’agaça le prince ! Je ne suis pas pédé point barre. Maintenant ravi de vous avoir réveillé mais j’ai une princesse, une vraie, sur le feu, moi ! Allez bonjour chez vous ! XO XO !

Outrée que l’on puisse insinuer qu’elle n’était qu’une princesse de pacotille, « Mauvaise . Graine » entra dans une rage folle.

« -Espèce de salopard ! Enculè de ta race ! La con de tes morts et de tes vivants ! Que tu m’as bien possédé, que tu m’as bien roulé dans les confettis ! Vole rassuré, chérubin vérolé, ton piège a bien fonctionné ! Basculé, culbuté, jambes en l’air et volte cotillons, Cendrillon-tête-de-con oiselait en première classe vers un septième ciel assuré, garanti sur bon de commande, satisfait ou remboursé. La grande arnaque bien pensée, bien balancée, lustrée, calamistrée, customisée, gominée, façon gigolo en costard et col cassé ; gentleman racoleur, baise patte compris.
A quoi rêvent les jeunes gens en boutons, communiants ou tapins ? Tu le sais bien, empaffè, puisque tu courre les mêmes lièvres ! Facile dans ces conditions de jongler avec nos clichés favoris ; facile de nous la jouer poudre au nez, théâtre d’ombres, châteaux andalous, effets Chinois.
Fallait t’entendre trèmoler à la lune rousse celle-qui-éclabousse, Romeo des gouttières : " laisse-moi devenir l’ombre de ton ombre, l’ombre de ton chien, l’ombre des sept nains ! ". Mélopée hypnotique ; suave chant de sirènes, ensorcelantes femmes à queues, doux balancement de navire à l’ancre sur mer levantine ! Mais qu’est ce qu elles ont au cul que je n’ ai pas ces pouffes de Blanche Neige et Peau d Ane ?

« - Une chatte ! » répondit le prince avant de filer à l’Anglaise.

25/12/2008

25/12/08 - 07:14

Noël blanc.


La sainte famille recomposée ; comprenez Papa, son épouse et ma"sœur-à-moitié" ; est passée me chercher après déjeuner.
Direction Autheuil-Authouillet, riante commune de haute Normandie ,située à une heure de Paris, ou l’ainée de mes tantes, Liouba, reçoit notre turbulente tribu dans le charmant manoir qu’elle y possède, depuis que l’appartement du Boulevard de Courcelles est devenu trop petit pour reunir notre encombrante parentèle.
Durant le trajet, nous avons peu parlé.
Ma marâtre, une chose blonde, boudeuse , distinguée, faisait la gueule comme chaque fois qu’elle est amenée à séjourner chez ses pétillantes belles sœurs, lesquelles, davantage par espièglerie que par réelle inimitié, se plaisent à brocarder sa retenue rose-glacé de parfaite femme du monde.
Ma sœur, Elena, treize ans et des poussières, reine du T9, princesse du shopping,ésclave de la moindre tendance aussi éphémère soit elle; le front maussade sous sa frange dorée, le casque de son Ipod vissé aux oreilles, se consolait en calculant , au fil des pages du "Vogue" de Noêl, combien il en couterait aux parents de ne pas l'avoir autorisée à passer le réveillon en compagnie de la grande saucisse sensément séditieuse qui lui tient lieu de boy-friend.
Quant à papa, absorbé, et sans doute un peu lâche, il se concentrait sur une conduite exagérément prudente, à croire qu’il convoyait des substances de contrebandes.
Il est vrai que me connaissant sur le bout du cœur, papa devait bien se douter que des substances de contrebandes, j’en avais plein ma trousse de toilette.
Passée l’avenue de la Grande Armée, déjà las de ce silence hostile, je tentais de détendre l’atmosphère en lançant à la cantonade quelques plaisanteries point trop obscènes , mais ma stepmonster me pria courtoisement , quoi que d'un ton sec de garder mes galéjades pour la fin du banquet, moment ou, « compte tenu des quantités astronomiques d’alcool que VOUS ingurgitez », elles seraient mieux appréciées.
Pour le coup, histoire de ne pas déparer du tableau général, je me suis mis à faire le museau à mon tour.
Si d'ordinaire, à Autheuil, je loge sous les combles en compagnie de mes nombreux cousins et cousines, dans une succession de mansardes plus ou moins confortables mais dont l’éloignement nous permet de faire tout le chahut possible et de fumer des graines de pavot sans que nos cris de sioux ou le parfum un peu acre des coquelicots n’alertent nos ainés; mon handicap m’a valu ,cette fois ci , d’hériter d’une chambre cossue en rez-de-jardin .

Seul, certes, mais mieux gardé que « L’œil de Kali » ne le serait par des guerriers Scythes, puisque mes tantes et leurs époux ont établi campement dans les pièces voisines.
A mon avis, s’il me prend l’envie de faire le mur en pleine nuit, je risque de ne pas passer inaperçu.
Evidement, ce qui devait arriver arriva.
J’étais occupé à me poudrer le nez lorsque Liouba entra sans frapper.
« -Et allez, sniffe et danse et vive la France ! Les années passent, les conneries continuent ! »
Elle s’est assise sur le lit, souriante, un peu lasse, pas fachée pour deux sous. Ses cheveux blonds brillaient doucement dans la lumière opaline des lampes.
« -Tu crois que c’est bon pour ce que tu as ?
« -J’ai le ménisque fêlé, Liouba ! Je ne suis pas enceinte !

Elle a repoussé l’argument d’un geste vague de la main tandis qu'à son poignet étincellait le joyeux tintamare de ses bracelets d'argent.
« -Ce n’est pas faute d’essayer, j’imagine. Elle est bonne au moins ta poudre ?
« -Potable !
"-De mon temps (je vous rappelle que l’aïeule flirte avec les quarante cinq printemps), les dealers la coupaient avec du speed et des laxatifs pour bébés. Chaque fois qu’on en prenait, on avait la chiasse ! Tu me fais gouter ? »


Parfois je me dis que dans cette famille d’aliénés, c’est encore « Mauvaise . Graine » la moins folle.

Joyeux Noël à tous.

23/12/2008

23/12/08 - 15:06

Une amitié particulière .


L'histoire ne serait qu'un eternel recommencement et chaque évènement de notre vie la répétition générale du même événement à venir.
C'est du moins ce que prétend Marx dans " Le 18 Brumaire de Louis Napoléon Bonaparte ».
Si je ne me suis pas trop emmêlé les pinceaux en analysant les théories du barbu, cela signifierait :
_ Que je vais connaitre de nouvelles passions amoureuses aussi violentes que mouvementées.
_ Que je n'en ais pas fini de me faire jeter comme une pelure chaque fois que le vent tourne.
_ Que je vais terminer ma vie en camisole et cellule capitonnée à force de jouer à « je t’aime moi non plus » avec Chris ou quelque autre canaille du même pedigree.
_ Que David va revenir habiter chez moi.
Bingo ! David habite chez moi depuis quelques heures.
Once again !
C'est un drôle de colis que le David ! Toujours entre deux hommes , deux coups de cœur , deux attirances ; si bien que ces Messieurs lassés de porter des bois de cerfs sur leurs fronts d'albâtre le fichent régulièrement à la porte et qu'il s'en vient, alors, à peine penaud, toquer à la mienne.
Si j'ai bien compté (et mes dix doigts n'y ont pas suffit), j'ai vécu plus longtemps avec ce beau monstre qu'avec la plupart de mes mecs. Sans doute parce qu'il est la seule personne au monde à me passer mes sautes d’humeurs, mes caprices d'enfant gâté, mes volte face de girouette et à prendre systématiquement ma défense quoique je dise ou fasse.
Allez savoir d'ou lui vient cette indulgence coupable ?
Excès d'affection ou manque de discernement ?
Donc, ce matin, dès l’aube, à l'heure ou blanchit la campagne, mon David débarque rue de V. avec valoches, malle cabine et un petit sourire narquois.
Il n'a rien dit ; je n’ai rien dis. Je lui ai juste fais signe d'entrer d'un mouvement du menton avant de claudiquer en direction de la machine à expressos.
Plus tard, il m'a avoué que son légitime l’avait viré pour - tenez vous bien - refus d'accomplir le devoir conjugal.
Evidement, lorsque l'on passe ses après midi à grimper des folles perdues dans des hôtels de passes ; il ne reste plus, le soir, suffisamment de carburant dans le pipe line pour jouer Tirelipimpon sur le Chihuahua à son compagnon.
Vous croyez que ça le traumatiserait, l'affreux ?
Pensez donc, il se marre !
Il se marre d'ailleurs tout le temps David.
Même aux enterrements, il a la banane.
C'est ce qu'on appelle communément une heureuse nature pour qui la vie est une vaste fête foraine et si les manèges tournent à l'envers aujourd’hui, et bien, ils tourneront à l'endroit demain, il suffit d'attendre les yeux dans l'azur et la fleur et aux lèvres.
Personnellement je ne suis pas mécontent d'être enfin débarrassé du petit père tape-dur, un pisse vinaigre à peine sorti de l’adolescence, donneur de leçons , grand moraliste devant l'eternel dont les prêches tranchées et redondantes feraient passer Saint Nicolas du Chardonnet pour le temple de Baal .
Ce qu’un gai luron de la trempe de David fichait avec cet éteignoir, personne ne l’a jamais compris. Sans doute victime de son goût exclusif pour la chair fraiche - passés vingt cinq ans ; à moins que vous n'en paraissiez dix de moins ; il ne vous remarquera pas – c’est il laissé prendre aux pièges d’une beauté Botticellienne, d’une allure souple de longue liane, d’un air perdu de petit garçon mélancolique et d’une blondeur nordique, sans se soucier une seule seconde de savoir ce que cachait tant d’angélisme.
Bref nous revoici colocataires, plus ou moins célibataires et pas fâchés de pouvoir nous appuyer l’un sur l’autre, mi affligés, mi rigolards.
Nous nous connaissons si bien.
Nous avons partagé les mêmes maternelles, les mêmes classes primaires, le même collège, la même boite à bachot pour cancres ultimes. Nous avons tous les deux grandit sans mères, élevés par nos pères respectifs. Nous nous sommes découverts homosexuels à la même époque et avons décidé d’un commun accord de ne pas en faire un drame mais au contraire de profiter de cette heureuse coïncidence pour gouter ensembles, dans la joie et la bonne humeur, à des émerveillements dont nous soupçonnions depuis longtemps l’existence, mais que l’un privé de l’autre nous n’aurions peut être pas osés aborder si jeunes ni avec une telle absence de complexes. Surtout nous avons su prendre garde à ce que ni la passion, ni la rivalité amoureuse ne viennent jamais étendre l’ombre menaçante de leurs ailes bourdonnantes sur l’étrange attelage -d’aucuns nous taxent d’association de malfaiteurs- que nous composons.
Presque frères, pourtant amants occasionnels, nous formons un couple monstrueux, une hydre bicéphale et bifide avide de chaire ferme et de grand amour à la capacité de transmutation fulgurante et aux contradictions évidentes.
En attendant j’en connais un qui risque de ne pas apprécier cette nouvelle cohabition puisque Chris montre une fâcheuse tendance à considérer David comme sa Némésis personnelle.
Serait-il jaloux de notre complicité ou plus attiré par David qu’il ne veut bien l’admettre ?
Nous verrons bien !
Après tout comme disait la piquante et redoutable Scarlett : « demain est un autre jour »

 

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